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Pêche: les quotas de la discorde

dimanche, 26 septembre, 2010 - 14:47

Bruxelles envisage la mise en place d’un système de quotas négociables. Une réforme qui condamnerait les petits pêcheurs du sud de l’Europe.

Trop de bateaux traquent trop peu de poissons. » Triste tableau dressé par le commissaire européen à la mer, Joe Borg. Les eaux du Continent se dépeuplent à grande vitesse. Selon les scientifiques, 70 % des stocks risquent de disparaître à brève échéance.

Les quotas de pêche, recommandés par la Commission mais systématiquement dépassés par les États membres sous la pression des pêcheurs, ne garantissent pas le renouvellement des ressources. Et, malgré tout, ces droits de pêche collectifs ne permettent pas non plus à la plupart des marins de vivre correctement de leur métier. L’Espagne, mastodonte du secteur, ne veut plus en entendre parler. Face à cette situation, Bruxelles songe maintenant à une « réforme radicale » de la pêche d’ici à deux ans.

Vers la privatisation

Joe Borg relance l’idée de quotas “transférables” (donc monnayables). Ceux-ci ne seraient plus négociés chaque année entre États membres de l’Union européenne, mais attribués à des entreprises qui pourraient, dès lors, les acheter ou les vendre. Ils seraient d’autant plus chers qu’ils seraient plus rares. Une sorte de privatisation des ressources naturelles qui fait bondir les Français.

Je suis contre toute forme de dérégulation qui livrerait la pêche artisanale et les quotas à la seule loi du marché », réplique Michel Barnier, ministre français de l’Agriculture et de la Pêche.

Ce système fonctionne déjà aux Pays-Bas et au Danemark. Mais, autant les pêcheries du nord de l’Europe, fortement exportatrices et spécialisées, sont industrialisées, autant la pêche est avant tout artisanale et diversifiée au Sud, en particulier en France. D’où les craintes de Paris de faire les frais de la réforme et d’être à la merci des grandes entreprises espagnoles ou nordiques, capables d’acquérir des quotas supplémentaires.

La France redoute également une réforme qui nécessiterait un plan social pour la pêche artisanale. Bruxelles ne parle plus, en effet, d’aides à la modernisation de la flotte, mais plutôt d’envoyer des bateaux à la casse…


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