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Les routes les plus sûres d’Europe sont au Royaume-Uni

vendredi, 15 octobre, 2010 - 11:12

Les statistiques sont formelles : avec environ 2 500 personnes décédées l’an dernier, les routes d’outre-Manche sont les plus sûres d’Europe.

Allez, avouons-le. En arrivant à Londres, il y a quelques années, on a eu un peu de mal à se faire à la circulation britannique. Avec une limite de vitesse à 110 km/h sur ­l’autoroute (environ 70 miles à l’heure), l’excès n’est jamais loin pour qui a appris à conduire en France dans les années 1990. Et avec des radars installés un peu partout sur les grandes artères de Londres, les amendes ont commencé à pleuvoir, arrivant par la poste deux ou trois semaines après l’infraction. Alors, de gré ou de force, il a bien fallu changer d’attitude et se mettre à respecter les limitations.

Il faut le reconnaître, dans leur grande majorité, les Anglais sont courtois au volant. Les statistiques sont formelles : avec environ 2 500 personnes décédées l’an dernier (en extrapolant les chiffres du quatrième trimestre 2008, non disponibles au moment de notre parution), les routes d’outre-Manche sont les plus sûres d’Europe.

L’explication est probablement à chercher partiellement dans la psychologie de la société britannique. Nos voisins anglais adorent les circuits de course. Mais pas question de ne pas respecter les règles sur les routes communes. De même que ­l’Anglais fait la queue en attendant le bus, il respecte (généralement) le code de la route…

Des politiques constantes

Derrière cette attitude collective, la sécurité routière outre-Manche est aussi – et surtout – le résultat de politiques publiques qui datent de trente ans et ont été menées de façon constante et déterminée. Dès les années 1970, les campagnes pour le port de la ceinture de sécurité martèlent les esprits. Avec un slogan qui a marqué toute une génération : « Clunk ! [bruit de la portière qui se ferme] Click ! [bruit de la ceinture] Every trip [à chaque voyage]. »

Les efforts ont également porté sur l’amélioration des routes. La ­signalisation a été perfectionnée pour éviter de surprendre les conducteurs au dernier moment. Les routes ont été modifiées pour réduire la vitesse. Impossible, à Londres, de prendre un raccourci pour gagner du temps : hors des principales artères, il y a presque partout des dos-d’âne, voire des chicanes, installés pour briser les pointes de vitesse.

Et là où il n’y a pas de ralentisseurs, les radars sont un excellent moyen de dissuasion. Comme pour les caméras de surveillance, les autorités britanniques se sont enthousiasmées pour ce moyen de surveiller la vitesse, avec plus de 6 000 appareils installés. Pas question de prendre les automobilistes par surprise : de petites lignes blanches caractéristiques au sol indiquent l’emplacement exact où la vitesse est mesurée.

Les Britanniques commencent désormais à s’interroger sur la suite. Le plan actuel de lutte contre l’insécurité routière arrive à échéance cette année et le nombre de morts sur les routes a moins diminué ces derniers temps. Certains souhaitent lancer une nouvelle campagne de sensibilisation aux dangers de la route , pour atteindre zéro mort. D’autres préfèrent des mesures plus ciblées, notamment en ce qui concerne l’alcool au volant, qui reste un vrai problème outre-Manche. Mais un tel débat ne peut avoir lieu que dans un pays qui, en matière de sécurité routière, peut déjà passer à l’étape suivante.




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