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Écosse : clans, kilts et tartan

jeudi, 23 septembre, 2010 - 10:51

Édimbourg n’a pas vu une telle parade depuis près de deux siècles. Le 25 juillet, pas moins de 125 clans écossais défileront sur le Royal Mile, majestueuse artère reliant le palais royal de Holyrood au château d’Édimbourg, sur la colline.

Arborant fièrement blasons, armes et kilts distinctifs, ils seront près de six mille à remonter cette rue pavée, longue d’un kilomètre et demi, jalonnée d’austères façades médiévales de pierres grises et égayées par les enseignes colorées des boutiques et des pubs. Il y aura les MacGregor, avec leur flamboyant tartan vert et vermillon ; les Duncan, dans leur kilt quadrillé de vert et de bleu outremer ; et les MacLeod, adeptes du tartan jaune moutarde sur fond gris et noir, à ne pas confondre avec les MacLeod of Leod (tartan aux couleurs pastel, mauve et vert grisé).

tel clan, tel tartan

« C’est un événement exceptionnel », explique Lord Jamie Sempill, l’un des organisateurs de la parade (1), lui même chef de clan. Si les regroupements de membres d’une même “tribu” sont courants, les différents clans se réunissent très rarement. La dernière fois, c’était… en 1822. Cette année-là, l’Écosse s’émeut. Pour la première fois depuis un siècle et demi, un roi d’Angleterre, George IV, se rend en Écosse. L’écrivain et poète Sir Walter Scott réussit alors à mobiliser la plupart des chefs de clan pour organiser un grand défilé commun en l’honneur du souverain. Mieux, il relance une vieille tradition et propose que tous portent un tissu quadrillé… le fameux motif écossais. Même George IV accepte de se plier à la discipline vestimentaire. La terrible année 1746, où les Anglais avaient interdit le port du tartan afin de réprimer la culture gaélique, est bien oubliée. Le vêtement symbole du patriotisme écossais est désormais toléré par la couronne.

Aujourd’hui, l’office du tourisme écossais, désireux de ranimer la tradition, a promu l’événement en faisant de 2009 une année spéciale “Bienvenue en Écosse”. Non content de réunir les clans, Lord Jamie Sempill veut également raviver le championnat du monde des jeux écossais traditionnels, les Highland Games, en battant le rappel des Écossais du monde entier. Cette idée lui est venue lors d’un long séjour aux États-Unis. Là-bas, la tradi­tion des Highland Games a pris plus d’ampleur qu’en Écosse. « Fiers de leurs ancêtres, les gens y viennent par milliers. Pour les remercier de perpétuer la tradition, j’ai voulu organiser quelque chose dans leur patrie d’origine », explique-t-il.

Opération réussie, la fête sera un événement international. En effet, ceux qui ont déjà réservé leur place pour le Rassemblement 2009 viennent à 38 % des États-Unis, à 10 % du Canada, à 7 % d’Australie… Les Écossais d’Écosse ne représentent “que” 21% des participants !

Hommage au champion

Les Highland Games ont lieu les 25 et 26 juillet, dans le parc du château de Holyrood. L’épreuve reine, la plus impressionnante, est l’inévitable lancer de tronc d’arbre. Plus de 5 mètres de bois pesant près de 70 kilos, qu’il faut envoyer non pas le plus loin, mais le plus droit possible, tout en lui faisant faire un demi-tour sur lui-même. Les gaillards se battent ensuite sur les lancers de poids et de pierre. C’est dans cette dernière épreuve, notamment, que s’illustra Donald Dinnie, athlète hors du commun. En 1860, l’Écossais a rencontré la gloire en déplaçant en même temps deux pierres pesant 352 kg sur une distance de 4,6 mètres. La superstar domina pendant vingt ans ces jeux écossais ! Cette année, plusieurs centaines de participants tenteront de suivre son exemple.

Ce Rassemblement 2009 a été rendu possible grâce à un regain de popularité de la généalogie au cours des dernières années. D’ailleurs, les représentants des clans se tiendront, sous des tentes dressées dans le parc, à la disposition des visiteurs pour les aider à retrouver leur lignage. Une grande fête qui ne saurait s’achever sans concours de danse traditionnelle, dégustation de panse de brebis farcie… et de whisky.

(1) Cette parade n’a rien à voir avec le Tattoo, défilé des régiments militaires d’Écosse, en août.


À voir aussi…

À Édimbourg : le château, la cathédrale Saint-Gilles, le musée royal d’Écosse, le Jardin botanique et la Galerie nationale.
Dans les environs : la campagne du Lothian abrite de nombreux châteaux.
www.visitbritain.fr

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