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Heureux enfants danois et pauvres petits anglais

lundi, 4 octobre, 2010 - 11:10

S’il fait mieux vivre dans les pays du Nord que dans ceux du Sud, un rapport de l’OCDE sur le bien-être des enfants (1) montre du doigt la Grande-Bretagne et l’Italie. La France et l’Allemagne, malgré leurs dépenses conséquentes en faveur de la petite enfance, obtiennent des résultats mitigés.

Mieux vaut naître au Danemark qu’en Turquie… Dans ce dernier pays, 24,6 % des enfants vivent dans une relative pauvreté – leurs parents gagnent moins de 50 % du revenu médian – quand ils ne sont que 2,7 % au Danemark.

Si les pays du Nord, avec des taux inférieurs à 5 %, se classent dans le peloton de tête, la Grande-Bretagne, où 10,1 % d’enfants vivent dans la pauvreté, n’est pas si mal placée. Pourtant, l’OCDE ne se satisfait pas de ce résultat. Selon l’organisation, le revenu des parents n’est en effet pas l’unique critère pour mesurer le bien-être des enfants. Les experts se basent également sur l’étude de leur environnement (nombre de pièces dans leur logement, accès à un ordinateur…), leur état de santé, leur exposition aux conduites à risque et leurs résultats scolaires.

De nombreux jeunes Anglais déscolarisés

Du coup, la situation outre-Manche se détériore fortement si on sort des seuls critères monétaires. La Grande-Bretagne enregistre des résultats catastrophiques sur la protection des adolescents contre les conduites à risque. 33 % des adolescents de 13 à 15 ans déclarent avoir été au moins deux fois en situation d’ébriété, contre 14 % en France ou 21 %, en Irlande. Elle détient, par ailleurs, le record européen du nombre de grossesses chez les adolescentes.

L’étude souligne, en outre, les mauvais résultats de la Grande-Bretagne au vu des résultats scolaires des jeunes et de leurs perspectives professionnelles : elle se place au 4e rang des pays de l’OCDE connaissant le plus grand nombre de jeunes de 15 à 19 ans déscolarisés, sans emploi et qui ne suivent pas de formation.

Au niveau européen, la Grande-Bretagne n’est dépassée que par la Turquie et l’Italie, l’un des plus mauvais élèves de la classe européenne. Dans la Péninsule, 15,5 % des enfants vivent dans une pauvreté relative et un sur deux dans des appartements trop exigus ne leur permettant pas d’avoir suffisamment de place pour faire leurs devoirs, quand ils sont un sur trois au niveau de l’OCDE. L’organisation fustige également les piètres résultats de l’Italie en matière d’éducation : les inégalités scolaires y sont plus importantes que chez ses voisins européens.

L’Allemagne et la France peuvent mieux faire

L’OCDE n’épargne pas non plus l’Allemagne où, malgré l’importance des aides publiques versées aux familles, 16,3 % des enfants vivent dans une relative pauvreté. Ces subventions ne permettent pas de réduire les inégalités sociales, car elles ne sont pas suffisamment ciblées, et les investissements dans le domaine éducatif – autre moyen de compenser les handicaps familiaux – restent faibles.

Quant à la France, si elle tire son épingle du jeu, elle possède de fortes marges d’amélioration, souligne le rapport. L’Hexagone arrive en effet à la 3e place des pays qui dépensent le plus d’argent par habitant pour les moins de 15 ans. Cependant, les sommes investies ne procurent pas toujours les résultats escomptés : « Les performances des enfants à l’école restent légèrement inférieures à la moyenne de l’OCDE », souligne le rapport.

(1) “Assurer le bien-être des enfants”, OCDE, septembre 2009.


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