Connexion

Syndicate content

La pauvreté augmente en France et en Europe

mercredi, 29 septembre, 2010 - 17:36

Près d’un ménage français sur huit vit sous le seuil de pauvreté, avec moins de 954 euros de revenus par mois. Un niveau alarmant, mais inférieur à celui de la plupart des autres pays européens grâce à l’importance des transferts sociaux.

Triste nouvelle que nous rapporte la dernière étude de l'Insee : la pauvreté augmente à nouveau en France, après avoir légèrement baissé en 2008. Pas moins de 8,2 millions de personnes, soit 13,5% de la population, vivaient en 2009 sous le seuil de pauvreté et disposent donc, au mieux, d'un revenu de 954 euros par mois. Ils étaient 7,8 millions l'année précédente.

Cette augmentation de 0,5 point s'explique en partie par la hausse du chômage. 2009 est "vraiment la première année pleine où se ressentent les effets de la crise" amorcée en 2008, a commenté Jean-Louis Lhéritier, chef du département "Ressources et conditions de vie des ménages" à l'Insee.

Si la crise a touché tous les ménages, elle a davantage affecté les plus modestes. Alors que le niveau de vie des Français, dans leur ensemble, a progressé de 0,4% entre 2008 et 2009, celui des personnes les plus pauvres a chuté de 1,1%. Les prestations sociales (allocations chômage, RSA…) et les mesures d'aides ponctuelles mises en place en 2009 (comme la prime de "solidarité active") ont permis de limiter la casse… sans que les plus démunis en profitent.

Avec ces chiffres déjà alarmants, la France s’en tire pourtant mieux que la plupart de ses partenaires européens. En 2008, le taux de pauvreté était en moyenne de 16,5% dans l’UE. Un chiffre relativement stable qui masque de fortes disparités.

La pauvreté est particulièrement importante en Europe de l’Est, en Roumanie notamment où elle atteint 23,4%. Mais plusieurs "anciens" pays – le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne ou la Grèce – ne font guère mieux, avec environ 20%. A l’inverse, les pays d’Europe du Nord, mais aussi l’Autriche et les Pays-Bas, affichent des taux aux alentours de 12%.

En juin 2010, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE s'étaient engagés à sortir 20 millions de personnes du risque de pauvreté et d’exclusion d’ici 2020. Ils avaient également validé l’utilisation d’un nouvel indicateur : la "privation matérielle". Par exemple, ne pas pouvoir manger de viande ou l’impossibilité de chauffer son foyer. Cela concerne 20 millions de personnes en Europe. Auxquels s’ajoutent les 84 millions d’Européens qui vivent sous le seuil de pauvreté – autrement-dit, dont les ressources sont inférieures à 60% du revenu médian de leur pays.

En associant ces deux critères, ainsi que le niveau des transferts sociaux, on peut distinguer quatre groupes de pays :

France et Allemagne : mieux que la moyenne.

 

Les 13,5 % des ménages français en dessous du seuil de pauvreté en 2009 vivaient avec moins de 954 euros. C’est un peu plus qu’en 2008. 

De plus, l'écart se creuse entre les revenus les plus modestes et les plus élevés. Ainsi, 10% des personnes les plus modestes disposent d'un revenu annuel inférieur à 10 410 euros alors que les 10% les plus aisées vivent elles avec 3,4 fois plus.

Reste que la France fait mieux que la plupart de ses voisins grâce à des politiques actives de redistribution. L’écart entre le taux de pauvreté avant et après les transferts sociaux est supérieur à 10%, un niveau que seuls les pays scandinaves dépassent.

En Allemagne aussi, les prestations complètent celles du système d’assurance sociale et contribuent à sa généralisation. Le taux de pauvreté (15,2% en 2008) y est plus fort qu’en Europe du Nord et plus faible qu’en Europe du Sud ou de l’Est.

Europe du Nord, Autriche, Pays-Bas : des prestations sociales importantes.

Ce sont les pays où le taux de pauvreté est le plus faible… après les transferts sociaux (allocations diverses, crédits d’impôts…). Avant redistribution, il atteint 24,5% en Autriche, 25,5% en Finlande et même 28,5% en Suède – 3,5 points de plus que la moyenne de l’UE. Mais, au final, la pauvreté ne concerne que 11 à 13% de la population.

Europe du Sud (Italie, Espagne, Grèce, Portugal) : La famille aide plus que l’Etat.

Les solidarités familiales et l'économie informelle jouent un rôle important, bien que ce type d’aide soit difficile à évaluer, mais les prestations de l’Etat sont très faibles. Résultat : alors que le taux de pauvreté de l’Espagne et de l’Italie, avant redistribution, est plus faible que dans les pays scandinaves, près de 20% de la population y vit sous le seuil de pauvreté, contre 12% en Suède.

Europe de l’Est et pays Baltes : fortes "privations matérielle".

Sans surprise, le taux de pauvreté en Bulgarie, Roumanie ou Lettonie – respectivement 23,4%, 21,4% et 25,6% – est bien plus fort que celui des autres pays de l’UE. Les écarts sont encore plus sensibles si l’on prend en compte le critère de la "privation matérielle" : la barre des 50% est alors dépassée en Roumanie et Bulgarie.




Mots clés
, , , , ,
Pays