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L’Europe du joint n’est pas pour demain !

mercredi, 3 novembre, 2010 - 16:16

Le cannabis ne sera pas légalisé en Californie. Une majorité a dit non par referendum à son "usage récréatif". En Europe, plusieurs pays ont réglementé sa consommation. En France, drogue douce = drogue dure.

Les électeurs californiens ont rejeté mardi la légalisation complète de la consommation, de la culture et du commerce du cannabis. Le texte prévoyait d’autoriser les résidents de plus de 21 ans à posséder jusqu'à une once (28,35 grammes) de marijuana et à la cultiver sur une petite surface maximum. Il proposait également de confier aux villes et aux comtés le soin d'organiser la culture à grande échelle et la commercialisation du cannabis. Puis sa taxation, promesse de belles rentrées fiscales. Cette dépénalisation aurait fait de la Californie – où la culture et la consommation de la marijuana à des fins médicales sont légales depuis 1996 – l'Etat le plus en pointe dans le monde pour la légalisation du cannabis, devant la République tchèque et les Pays-Bas.

Interdire l’achat aux étrangers

Pionniers depuis 1971, les Pays-Bas n’ont pas légalisé, mais réglementé l’usage du cannabis. Chaque individu peut détenir jusqu’à cinq grammes et les coffee shops, seuls lieux autorisés à en vendre, peuvent en stocker 500. Confronté au "tourisme" de stupéfiants, qui attire chaque année deux millions d’adeptes aux drogues douces dans les rues de ses villes, les Néerlandais prévoient désormais d’interdire l’achat aux étrangers qui n’habiteraient pas le pays. Manière aussi de donner satisfaction à ses voisins européens, France, Allemagne et Belgique en tête, où la législation est moins permissive.

Car, en Europe, les législations différent fortement d’un pays à l’autre, depuis la dépénalisation jusqu’à la criminalisation, en passant par l’usage toléré. Avis aux amateurs: mieux vaut savoir quels sont les territoires les plus répressifs.

L’Europe a la tête qui tourne

En République tchèque et en Espagne, fumer du cannabis n’est, de fait, plus un délit. A condition de consommer chez soi et de ne détenir que de petites quantités. En Espagne, malgré une interdiction de "fabrication et de trafic", la consommation et la possession en lieu privé est tolérée par les juges, jusqu’à une limite de 50 grammes. Depuis 2006, il est également possible de vendre des graines de Cannabis ainsi que de cultiver la plante en espace privé. L’important reste de ne pas troubler l’ordre public.

Le Portugal reconnait aussi, depuis 2001, le droit à la consommation personnelle d’herbe. On peut posséder 25 grammes de cannabis correspondant, selon le législateur, à dix jours de consommation individuelle. Le consommateur est considéré non plus comme un criminel, mais comme un malade que l'on invite à se présenter devant une "commission de dissuasion" pour se faire soigner. Psychologue, avocat et assistante sociale décident alors si le cas relève d'un traitement ou d'une amende qui va de 25 à 150 euros. C’est donc la prévention qui a été privilégiée au Portugal, État souvent cité en exemple, dans la mesure où la dépénalisation n'a pas entraîné un bond de la consommation : sur une population de dix millions d’habitants, seuls 7 500 personnes sont passées devant les commissions de dissuasion en 2009.

D'autres pays ont dépénalisé la consommation tout en conservant l’infraction pour possession, culture et vente. C’est le cas pour l’Allemagne, le Danemark, la Belgique, l’Autriche, l’Italie, l’Islande et le Luxembourg.

La France a une des législations les plus strictes. Dans l’Hexagone, le seul fait de défendre la légalisation place la personne ou l’organisation hors-la-loi, car il est interdit de "présenter sous un jour favorable" les stupéfiants de tout genre. On ne fait pas de distinction entre l'herbe, la cocaïne ou le LSD, de sorte que la sanction pour sa vente peut atteindre les dix ans de prison, tandis que sa consommation peut entraîner une peine d’un an. Et si vous en cultivez, vous risquez 20 ans d’emprisonnement ferme. La situation est quasi-similaire en Pologne, en Suède, en Grèce ou en Turquie, où la consommation est interdite et la légalisation pas à l'ordre du jour.

Un "médicament" en vogue

Depuis la fin des années 1990 la consommation de cannabis s’est avérée efficace dans les traitements contre la douleur et chez les patients bénéficiant de soins palliatifs. Sur le Continent, les pays qui autorisent la consommation à des buts médicaux sont l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne, la Belgique, la Finlande et le Royaume Uni, tout comme quatorze États nord-américains, dont la Californie. Depuis 1999, la France prévoit, dans des cas exceptionnels, des Autorisations Temporaires d’Utilisation (ATU) d’un cannabinoïde : le dronabinol.

La Turquie produit, dans des usines contrôlées par l'État, de petites quantités de cannabis à des fins thérapeutiques. Seuls l’Espagne et la Belgique permettent la constitution de clubs ou associations coopératives (sans but lucratif) pouvant cultiver la plante. Pourtant, il est habituel dans toute l’Europe de repérer dans ses rues des terrasses plantées de chanvre pour une consommation privée : une étude publiée en 2008 par l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies affirme que 50% de la consommation de weed au Royaume Uni provient de plantations privées clandestines.


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