Connexion

Syndicate content

L’Union pour la Méditerranée en plein naufrage

lundi, 15 novembre, 2010 - 19:03

Le sommet de l'Union pour la Méditerranée (UpM), prévu le 21 novembre à Barcelone, a été une nouvelle fois reporté sine die en raison du "blocage" du processus de paix au Proche-Orient. Inventée par Nicolas Sarkozy pour pallier les carences du défunt projet Euromed, l’UpM est en train de s ‘échouer sur les mêmes écueils

Que reste-t-il du nébuleux projet d'Union pour la Méditerranée (UpM) voulu par Nicolas Sarkozy ? Pas grand-chose. Lancée en grandes pompes le 13 juillet 2008 à Paris en début de présidence française de l’Union européenne, l’UpM devait remplacer, selon Nicolas Sarkozy, le "lamentable" projet Euromed , initié en 1995 pour aider au développement des pays méditerranéens.

Calquée sur le modèle de l’intégration européenne, il s’agissait de bâtir une vraie "Union méditerranéenne". Depuis les fastes parisiens de ce 13 juillet 2008, plus rien ! Car les mêmes causes – le conflit israélo-palestinien – produisent les mêmes effets : le blocage de tout processus d’intégration méditerranéen.

Exclure la Turquie…

Rappelons les faits. Le 6 mai 2007, à l'issue du second tour de l'élection présidentielle française, Nicolas Sarkozy lance un de ces missiles dont son conseiller spécial Henri Guaino a le secret. Ce souverainiste convaincu veut créer cette Union pour la Méditerranée afin d’offrir une alternative à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne que Nicolas Sarkozy rejette. L’idée est floue et, surtout, n’a pas été testée auprès des partenaires de la France, au premier rang desquels l’Allemagne.

Les capitales européennes, et pas seulement Berlin, ne cachent pas leurs réticences. Pourquoi créer une nouvelle institution qui risque d’être budgétivore et ne pas s’efforcer simplement de relancer le "Processus de Barcelone" ? Cette méfiance se transforme en franche hostilité quand Henri Guaino, chargé de finaliser le projet, précise sa vision. Pour lui, cette nouvelle Union ne doit inclure que les pays riverains de la Méditerranée et donc exclure tous les pays du nord de l’Union européenne et la Commission de Bruxelles.

… et le nord de l'Europe

Angela Merkel monte aussitôt au créneau pour tuer dans l’œuf un tel projet. Finalement, après une passe d’armes franco-allemand au sommet européen de mars 2008, il n’est plus question d’exclure qui que ce soit. "C’est du Barcelone +", résume crûment Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois. Et José-Manuel Barroso, le président de la Commission, d’enfoncer le clou précisant que "l’Union pour la Méditerranée" n’est pas une "alternative" à l’adhésion de la Turquie.

Depuis donc, hormis la grandiose réunion à Paris le 13 juillet 2008 qui a coûté 16,6 millions d’euros pour une seule journée au contribuable français (ce qu’a d’ailleurs dénoncé la Cour des comptes), tout va exactement comme à l’époque du "lamentable" projet Euromed. L’UpM vivote au gré de quelques réunions ministérielles.

Initialement prévu le 7 juin à Barcelone, le deuxième sommet de l'UpM avait déjà été reporté à novembre dans l'espoir de progrès dans les négociations de paix israélo-palestiniennes. Le sommet finalement prévu le 21 novembre a été une nouvelle fois reporté aujourd’hui en raison du "blocage" du processus de paix au Proche-Orient, a annoncé le gouvernement espagnol.

Nicolas Sarkozy va devoir faire preuve d’imagination pour sortir son "bébé" de l’ornière…
 


Pays