Connexion

Syndicate content

Aide à l'Irlande : l'Espagne et le Portugal pas du tout rassurés !

Un cruel aveu d'achec pour le Premier ministre irlandais, Brian Cowen / Peter Morrison / AP / SIPA

-A +A
22.11.2010 | 20:06

L'aide de l'Europe et du FMI à l'Irlande en pleine déroute financière n'a pas convaincu les marchés financiers. Au Portugal et en Espagne, seuls les gouvernements tentent encore de donner le change. Presse et économistes estiment que la contagion irlandaise ne peut plus être endiguée.

Le Premier ministre irlandais, Brian Cowen vient d'annoncer la dissolution du Parlement après avoir été contraint d'accepter l'aide européenne et du FMI. Un aveu d'échec alors que l'Union européenne va penser les blessures du tigre Celtique en débloquant près de 100 milliards d’euros.

Par ailleurs les banques britanniques engagées en Irlande devraient apporter une aide bilatérale de 8,15 milliards d’euros. La Suède envisage un prêt bilatéral d’un milliard d’euros. De son côté le FMI s’engage à financer près de 50% du "paquet" européen. Le déblocage de ces sommes interviendra en toute probabilité à la fin du mois de novembre. Selon le ministre des finances d’Irlande, la durée des prêts européens devrait s’échelonner de trois à neuf ans.

Pour redresser la barre, Dublin doit dorénavant revoir le plan de restructuration de ses banques ainsi que son plan d’austérité. Le Premier ministre, Brian Cowen devra trouver 15 milliards d’euros d’économies sur 4 ans pour ramener son déficit public à 3% du PIB contre 32% aujourd’hui. En revanche, en ce qui concerne le très avantageux taux d’imposition sur les sociétés (12,5%), Cowen affirme ne pas vouloir y toucher pour le moment.

Bad mood en Espagne

Après la Grèce, après l'Irlande, tous les regards des spéculateurs, des investisseurs et des analystes, se portent sur l’Espagne. Les effets lénifiants des analgésiques financiers appliqués par l’UE pour contrer la gangrène des dettes souveraines opèrent de moins en moins auprès des marchés. Il aura suffit hier d’une demi-journée entre l’annonce du plan européen de sauvetage pour l’Irlande et le basculement dans le rouge des indices boursiers européens. En Espagne la chute a atteint 2%.

Elena Salgado, ministre espagnole des Finances, se voulait pourtant rassurante hier : “Nous n’aurons absolument pas besoin d’aides en provenance de l’UE”. Le gouvernement irlandais disait mot pour mot la même chose avant de se résoudre à accepter ces aides. La Commission européenne a, de son côté, voulu contribuer à tranquilliser les esprits : "C’est une erreur de comparer la situation de l’Espagne à celle de l’Irlande", affirme, pour sa part, Amadeu Altafaj, porte-parole du Commissaire européen aux Affaires Économiques.

Pourtant, il y a bel et bien de quoi s’inquiéter, estime le quotidien La Vanguardia, qui évoque "les doutes des investisseurs sur une sortie progressive de la crise financière". En effet, l'État et les banques espagnoles détiennent plus de 100 milliards d’euros de créances sur l’Irlande et (surtout) le Portugal, précise La Voz de Galicia. Or ce dernier pays est particulièrement dans le collimateur des marchés financiers. Et s'il faut faire appel au fonds européen de 750 milliards d’euros, après la Grèce, l’Irlande et, bientôt peut-être, le Portugal, les caisses européennes risquent d'être vide quand il s'agira de se porter au secours de Madrid ajoute le quotidien.

Alors qu’Amadeu Altafaj promet que l’Espagne "ne devra pas ajouter de nouvelles réformes à celles déjà prévues ou effectuées", José Manuel González-Páramo, membre du board de la BCE, le contredit en tous points :

J’encourage l’Espagne à adopter de nouvelles mesures pour récupérer la confiance des investisseurs, dans le domaine des pensions, de la Santé et des administrations territoriales.

Le Portugal, prochaine cible des marchés ?

Les autorités portugaises suivent elles aussi la situation irlandaise avec nervosité. Après l’annonce du prêt européen à l’Irlande, les CDS (credit default swap, un contrat d'assurance contre le risque de défaut d'un émetteur de dette) de l’État portugais n’ont cessé de grimper - 30% en 24 heures -, tandis que la bourse de Lisbonne accuse le coup. Toute la presse nationale exprime un profond scepticisme quant à la capacité des plans européens d’endiguer le tsunami financier sur les dettes souveraines.

Le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos a eu beau déclarer que "le sauvetage de l’Irlande réduit l’incertitude et renforce la confiance des marchés", personne n'y croit. A commencer par João Cravinho, directeur de la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (BERD) qui a jeté un froid en affirmant:

une fois réglé le problème de l’Irlande, le Portugal sera en première ligne de mire.

Grève générale

Les analystes surenchérissent dans le pessimimisme à propos du Portugal. Filipe Gracia, économiste portugais du FMI, n'en doute pas: "le prochain pays à demander de l’aide sera le Portugal". Nick Fyroozye, de la banque Nomura, enfonce le clou: "les besoins de financement du Portugal sont supérieurs à ceux de l’Irlande". Filipe Silva, de la banque Carregosa, estime que le "Portugal doit comprendre qu'il est insensé de payer aux marchés financiers des taux d’intérêt de 6 à 7%, voire plus, alors qu’il pourrait demander une aide extérieure de l'Europe et du FMI" à des taux plus raisonnables.

Pourtant, le gouvernement socialiste de José Socrates et le principal parti de l’opposition (PSD) soulignent le fait qu'ils se sont mis d'accord sur un plan d’austérité exemplaire pour 2011 qui prévoit de ramener le déficit public en 2011 à 4,5%. Pour eux "la solidité des banques portugaises contraste avec celle des irlandaises". Et Socrates nen démord pas: "Tout ce dont a besoin le Portugal, c’est de l’aide des Portugais!"

A Lisbonne, on ne se prive pas de rappeler, en guise de message de confiance et de solvabilité adressé aux marchés, que le Portugal compte participer à hauteur de 1,2 milliards d’euros au prêt à l’Irlande. "De la poudre aux yeux", rétorquent la plupart des analystes.

Mercredi 24 novembre, les portugais sont appelés à faire la grève générale contre les mesures du gouvernement. Les experts s’attendent au mouvement social le plus important depuis la révolution des œillets, en 1974.
 



18.05.2012
Par Maxime Bourdeau (Paris)
A chaque rentrée scolaire le débat refait surface mais le nouveau gouvernement se devait, sans attendre septembre, de rebattre les...
29.03.2012
Par Emmanuel Haddad (Barcelone)
Les syndicats majoritaires n’ont rien obtenu depuis des années parce qu’ils sont installés. Ils font partie du systè...
17.05.2012
Par myeurop ()
Comme chaque année à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, l’ILGA-...
09.05.2012
Par Maxime Bourdeau (Paris)
"Un véritable retour en arrière". L'organisation européenne "Farmsubsidy.org" a ainsi qualifié l...
15.05.2012
Par Quentin Perrigueur (Paris - Lyon)
Les économistes allemands ont inventé un nouveau concept économique: la "dévaluation interne". Faute de pouvoir...
10.05.2012
Par Quentin Perrigueur (Paris - Lyon)
Le Gouvernement de Mariano Rajoy a annoncé lundi son souhait de transformer un prêt contracté auprès de la Banque d'...
11.05.2012
Par Maxime Bourdeau (Paris)
Les piqûres de Botox dans le cou, nouvelle lubie dans la course à l'éternelle jeunesse? Absolument pas. C'est pour des...
25.04.2012
Par Deborah Berlioz (Berlin)
La musique électronique qui fait vibrer les tympans et se déhancher toute une nuit durant… Le tout accompagné d’une...
10.05.2012
Par Effy Tselikas (Athènes)
La coalition de gauche radicale Syriza, devenue lors des législatives du 6 mai, le second parti de Grèce, a tenté hier de former...
15.05.2012
Par Nastasia Peteuil (Paris)
During 25 days, from May to June 2011, plenty of people protested against the sociopolitical situation in Spain. In Madrid, they decided to stay at...
28.02.2012
Par Benjamin Leclercq (Paris)
Monsieur Yu a fait la connaissance de Special Blue en Hollande. Charmé, il aimerait l’emmener avec lui, en Chine. Monsieur Yu mettra le...
02.04.2012
Par Ariel Dumont (Rome)
Le gouvernement de Mario Monti et le Vatican ont un problème commun: l’emploi. Coté République, le gouvernement de...
18.08.2011
Par Damien Dubuc (Paris)
En face, je n’y vais jamais, il n’y a que des Musulmans. Moi, ma patrie, c’est la Croatie. En face, c’est Mostar-Est (...
04.05.2012
Par Clémence Grison (paris)
Un "pacte de santé" : c’est le titre prometteur de la déclaration signée par toutes les éditions de Vogue...
16.05.2012
Par Quentin Perrigueur (Paris - Lyon)
Outre la centaine de concerts , de DJ et de performances organisés à plusieurs endroits de la ville, le festival "Nuits sonores...
09.05.2012
Par Quentin Perrigueur (Paris - Lyon)
L’institut suédois de Paris, installé dans un hôtel particulier du 4ème arrondissement de Paris connu pour ses beaux...
14.05.2012
Par Nastasia Peteuil (Paris)
C’est un peu le comble du photographe. Brenda Turnnidge a fait le choix de photographier des mots pour s'exprimer. Cette "anglaise au...
23.02.2012
Par Delphine Nerbollier (Istanbul)
"Fetih, 1453" ("La conquête, 1453") s’apprête à battre tous les records. Le film retrace la conquê...
26.03.2012
Par Ariel Dumont (Rome)
Celui qui ne reconnaissait plus l'Italie est mort dimanche soir à Lisbonne. Né à Pise en 1943, Antonio Tabucchi avait d...
06.04.2012
Par Louise Delépine (Dublin)
En Irlande, la chasse aux œufs n'est pas la tradition principale du week-end de Pâques. Les chocolats de toutes les saveurs et de...
29.07.2011
Par Gaëlle Lucas (Madrid)
Choc dans le “mundillo” gastronomique espagnol. Même si Ferran Adrià, l'avait annoncé il y a plusieurs mois,...
12.03.2012
Par Norbert Gaillard (Paris)
1/ La restructuration ne règle pas le vrai problème de la Grèce, à savoir son manque de compétitivité La...
28.07.2011
Par Marco Bertolini (Amsterdam)
Nous avons rendez-vous dans un luxueux appartement dans un quartier résidentiel de Maastricht. Larges baies vitrées, ample terrasse et...
25.02.2012
Par ()
Pantalon orange pétant, comme la salopette de son collègue élu au Parlement de Berlin, veste violette toute aussi é...
30.03.2012
Par Emmanuel Haddad (Barcelone)
Réveil courbaturé, relents des bières nécessaires à apaiser une journée chaotique, premier coup d’...
01.03.2012
Par Maxence Peniguet (Bruxelles)
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy bondissent à chaque évocation d'un référendum ayant un rapport, même minime,...
Pays