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Déroute socialiste en Catalogne, Zapatero dans les cordes

lundi, 29 novembre, 2010 - 12:49

Le Parti Socialiste Catalan subit une cuisante défaite hier en Catalogne. Mauvais présage pour Zapatero, le chef du gouvernement Espagnol empêtré dans crise économique.

La Catalogne a changé de majorité hier. Après sept ans dans l’opposition, les nationalistes catalans du CiU ont obtenu 62 des 135 sièges au Parlement catalan. Artur Mas, le leader nationaliste, va ainsi devenir Président de la communauté autonome la plus riche d’Espagne, sept ans après le départ de Jordi Pujol, du même parti, qui a dirigé la Catalogne pendant vingt-trois ans. Le CiU n’obtient pas la majorité absolue, mais à 6 sièges près, il ne sera pas nécessaire de créer une coalition.

Ces élections catalanes ont été particulièrement suivies à six mois des élections dans les autres régions d'Espagne, en tant que premier rendez-vous électoral depuis que José Luis Zapatero a admis et assumé par des mesures impopulaires la gravité de la crise économique actuelle. La droite a d’ailleurs enregistré une poussée importante, avec, outre les 62 sièges de CiU, l’intronisation du Parti Populaire, principal parti d’opposition au niveau national, comme troisième force politique de la région. Sa candidate, Alicia Sánchez-Camacho, célébrait dimanche les meilleurs résultats jamais enregistrés par son parti dans la région.

Le PP y voit un heureux présage pour les élections générales de 2012 durant lesquelles son candidat Mariano Rajoy tentera, pour la troisième fois, de chasser les socialistes du pouvoir.

Priorité: relancer l'économie régionale

Les socialistes tentent, quant à eux, de déconnecter élections régionales et nationales. Il est néanmoins difficile de ne pas lier les pires résultats jamais obtenus par le Parti Socialiste Catalan (PSC) à la perte de vitesse du parti socialiste et notamment de Zapatero. Les mesures d’austérité, prises tant à niveau national qu’à niveau régional ont lourdement pesé sur les résultats.

Les deux alliés du PSC au sein de la coalition qui a gouverné pendant sept ans en Catalogne ont également payé leur gestion au pouvoir, en particulier le parti indépendantiste républicain ERC qui perd la moitié de ses représentants. Certains des votes indépendantistes pourraient s’être reportés sur le parti créé par l’ancien président du club de football de Barcelone, Barça, Joan Laporta, qui entre au Parlement avec quatre représentants.

CiU doit maintenant dessiner une stratégie qui lui permette de faire voter ses projets au Parlement sans créer de coalition, dans un contexte où la politique économique devrait dominer les débats. CiU a en effet pour premier objectif celui de sortir la Catalogne de la crise et de la récession. La région a enregistré en 2009 une "croissance négative" de 4,1%, la baisse de la demande globale ayant particulièrement affaibli son industrie.

Alliance avec le diable centralisateur?

Le parti de droite a d’ores et déjà décidé d’attendre le résultat des élections générales de 2012 pour tisser une alliance stable qui lui permette de combler les six sièges qui lui manquent pour obtenir la majorité absolue au Parlement catalan. Artur Mas souhaite attendre de voir qui de Mariano Rajoy, le leader national du PP, ou du candidat du PSOE, Zapatero ou son successeur, l’emportera alors à Madrid, pour pouvoir éventuellement mettre en œuvre une stratégie d’alliances au niveau régional et national.

Le PP catalan compte sur sa nouvelle condition de troisième force politique de la communauté autonome pour s’imposer face au PSC, qui a tout de même une dizaine de représentants de plus que le parti de droite. Pour CiU, une alliance avec le PP serait intéressante dans la mesure où le PSC reste son premier adversaire politique en Catalogne.

Cette union de circonstance ne serait pas exempte de contradictions : le PP est, en effet, farouchement opposé au nationalisme régional qu'il soit de droite ou de gauche. Il a ainsi déposé un recours devant le Tribunal Constitutionnel contre ‘l’Estatut’ catalan, la "constitution" approuvée par référendum par les catalans en 2006. Suite à ce recours, le Tribunal Constitutionnel a censuré certains passages du texte, provoquant une manifestation de plusieurs centaines de milliers de personnes cet été à Barcelone.

Difficile pour CiU d’assumer une alliance avec le parti à l’origine de cet événement. Par ailleurs, l’une des promesses de campagne de CiU est de négocier, avec le parti qui sera élu en 2012, la mise en place d’un "Pacte fiscal" similaire à celui qui existe déjà au Pays Basque et en Navarre.

Ce système permet à ces régions de gérer l’intégralité des impôts alors que la Catalogne, soumise au régime de droit commun, ne gère que 50% de l’impôt sur le revenu et de la TVA, outre 58% des taxes spéciales, comme celle existant sur le tabac. La négociation s’annonce ardue, si le PP, parti centralisateur par excellence, renvoie le PSOE dans l’opposition.


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