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La cyber-offensive des défenseurs de Wikileaks

dimanche, 12 décembre, 2010 - 12:27

Près de 4000 Internautes se sont ligués depuis mercredi pour faire sombrer les sites Internet qui se sont opposés à Wikileaks et son directeur Julian Assange. Description de ces activistes numériques.

La guerre politique sur Internet est lancée. La décision de plusieurs sociétés de bloquer les moyens de soutenir financièrement le site Wikileaks a engendré une réponse inattendue. Des milliers d’Internautes se sont ligués sous la bannière Anonymous, un réseau de discussion et d’échanges ouvert à tous, pour mener l’opération Riposte. L’objectif, assure l’un d’entre eux, qui répond au nom de Gen, est de

faire tomber ou perturber les sites Internet de PostFinance, Paypal, Visa, Mastercard et Moneybooker afin d’exposer notre colère contre leur comportement.

"Jusqu’à la décision de la banque suisse PostFinance de geler le compte bancaire de Julian Assange, nous n’étions qu’une cinquantaine sur ce réseau, créé au printemps", explique Gen. "Franchement, c’était pas terrible, l’ambiance n’était pas trépidante. On s’échangeait des programmes informatiques, on discutait de la lutte pour la liberté d’information et notamment du soutien aux responsables du réseau PirateBay, condamnés il y a peu à de la prison. La décision de la banque suisse a provoqué un électrochoc. Les soutiens se sont multipliés et nous sommes aujourd’hui près de 4000."

La guerre du net est déclarée

Jeudi matin, la BBC publie le témoignage de Coldblood, qui se dit être l’un d’eux. Cet ingénieur informatique de 22 ans annonce une "guerre du net". Très rapidement pourtant, le groupe Anonymous clame sur son compte Twitter "n’avoir pas de porte-parole du nom de Coldblood". Il est temps pour eux de contrôler la communication autour de leurs activités. Silly explique :

Nous ne sommes pas vraiment une organisation, juste un groupe où tout le monde a son mot à dire même si cinq ou six personnes déterminent les cibles et gèrent leur déroulement. Nous sommes juste réunis pour lutter contre ceux qui portent atteinte à la liberté d’expression en s’en prenant à Wikileaks.

Aucun d’entre eux ne connaît personnellement Julian Assange et n’a jamais rencontré des membres de Wikileaks. Mais le succès de leurs opérations a provoqué l’irruption du terme Hacker à la une de nombreux médias.

Activistes numériques

"Pourtant, nous ne sommes pas des Hackers," explique Cosj. "Moi, par exemple, j’ai déjà un blog sur lequel je traite de finance et des banques de mon pays. Mais, comme les 9/10e d’entre nous, je ne suis pas un programmateur. Je suis juste sur Anonymous pour aider avec mon ordinateur ceux qui gèrent les opérations. Je suis donc avant tout un activiste numérique".

Comment s’y prennent-ils d’ailleurs pour faire tomber un site ? "Il suffit de lancer des attaques DDoS (distributed denial of service), c’est-à-dire des flots de trafic sur un serveur pour le faire déborder, » explique troll. « Tout le monde peut y prendre part : soit en allant directement sur le site Internet visé et en demandant à y accéder, soit, pour être plus efficace, en téléchargeant une partie du programme LOIC qui sera ensuite activé par l’un des organisateurs pour concentrer l’envoi des données. LOIC est d’ailleurs l’acronyme de Canon à ion à faible orbite, le nom d’une arme sur un jeu d’ordinateur. »

Amazon dans le collimateur

Après PayPal, Amazon était devenu jeudi la cible de leurs critiques. Après avoir décidé de ne pas soutenir Wikileaks, le site a en effet mis en vente l’accès aux câbles diplomatiques américains. Pourtant, dixit Troll :

Comme les médias ont relayé l’information de notre volonté d’attaquer Amazon, nous n’avons pas eu à le faire puisque nous avions en effet atteint notre objectif : faire connaître le comportement plus que douteux de la société. Et le tout sans empêcher les gens d’effectuer leurs courses de Noël…

Si certains se connectent depuis leur lieu de travail, les membres d’Anonymous opèrent surtout depuis chez eux. Jeudi, la police hollandaise a ainsi arrêté un garçon âgé de seize ans pour son implication présumée dans l’opération contre PayPal. Cet incident refroidira-t-il ses compagnons ? "Non, on peut toujours dire qu’un virus a été placé sur son ordinateur et qu’il été utilisé pour envoyer des informations," explique l’un d’eux. "Seuls ceux qui activent le programme risquent quelque chose mais ils sont au courant du danger…"
 




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