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Des pistes pour endiguer le chômage des jeunes

mercredi, 15 décembre, 2010 - 18:46

Alors que l’économie mondiale repart, le chômage des jeunes s’aggrave en Europe, constate l'OCDE. La France, sérieusement touchée, serait bien inspirée d'aller voir ce que font avec un certain succès Allemands, Néerlandais, Danois, Suédois ou Polonais.

La bonne nouvelle d’abord : la croissance repart, timidement, mais elle repart et le chômage se stabilise (à 9,3% en France métropolitaine). La mauvaise maintenant : ce léger regain d’activité ne profite pas aux jeunes, bien au contraire. Entre le troisième trimestre 2007 et le troisième trimestre 2010, le chômage des jeunes européens cherchant un travail a augmenté de 6,3%, pour s’établir à 21,1%. Selon les dernières projections de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique), ce taux pourrait toujours dépasser les 21% en 2011 et ne reculer que de 1% en 2012.

Plus de de 24% des jeunes (de 15 à 24 ans) sur le marché du travail sont actuellement sans emploi en France. Un chiffre impressionnant à première vue mais qu'il faut prendre avec des pincettes. Car une majorité de jeunes poursuit des études et ceux qui les arrêtent tôt et se retrouvent sur le marché du travail ont a priori moins de chances de trouver un emploi que ceux qui suivent des études longues. Rappelons qu’en France, 160.000 jeunes sortent chaque année du système éducatif sans aucune qualification reconnue par un diplôme. La moyenne nationale masque, en outre, des disparités criantes. D’après un rapport inédit, réalisé par l'Observatoire national des zones urbaines sensibles et révélé aujourd’hui par Le Monde: dans les quartiers sensibles, 43 % des jeunes hommes actifs et 37 % des jeunes femmes se trouvaient au chômage en 2009. Rappelons qu’en France, 160.000 jeunes sortent chaque année du système éducatif sans aucune qualification reconnue par un diplôme.

Selon cette approche statistique, la France touche donc le fond. Il y a pire, l’Espagne en particulier, avec un taux de 43,2%, ou l’Italie (26,2%). Mais, l'Hexagone reste loin, très loin de l’Allemagne et des Pays-Bas qui affichent un taux de 8,5%. Il faut dire que l'importance du système de l'apprentissage en Allemagne permet à nombre de jeunes d'accéder rapidement à un emploi.

Certains pays ont facilité l’emploi des jeunes. Tous les autres peuvent tirer des enseignements de ces exemples pour renforcer la reprise économique tout en protégeant l’atout le plus précieux dont disposent nos pays,

explique Angel Gurria, le Secrétaire général de l’OCDE. Fidèle à une ligne d’inspiration libérale, l’organisme international explique les difficultés françaises par un salaire minimum trop élevé et une protection de l’emploi trop stricte. Il met également en avant des solutions qui ont été efficaces ailleurs en Europe.

1 – Adopter des mesures d’aide à la recherche d’emploi

Au Danemark (15,5% de jeunes sans emploi) tous les nouveaux chômeurs, quel que soit leur âge, sont tenus de s’inscrire immédiatement sur le site www.jobnet.dk. Depuis l’été 2009, après un premier entretien au bout d’un à trois mois de chômage maximum (contre trois à six mois auparavant), tous les jeunes de moins de 30 ans bénéficiant des allocations de l’assurance chômage ou de l’aide sociale doivent participer pendant six mois à des programmes soutenus de réactivation de la recherche d'un emploi.

En Belgique, (23,5% de jeunes sans emploi) plus exactement en Wallonie, le programme Job Tonic offre, au cours des six premiers mois après la sortie ou l’arrêt des études, des services intensifs et personnalisés de conseil et d’orientation professionnelle. Ce programme a été élargi en juin 2008 aux jeunes demandeurs d’emploi qui possèdent un diplôme de fin d’études secondaires.

2 – Encourager les jeunes à poursuivre leurs études.

D’après l’OCDE, de telles mesures s’avèrent efficaces pour garantir un niveau de compétences minimum à la sortie du système scolaire.

Aux Pays-Bas (8,6% de jeunes sans emploi) les autorités locales sont obligées de proposer aux jeunes âgés de 18 à 27 ans qui demandent l’aide sociale, un travail, une formation ou une formation en alternance. De son côté, le jeune ne peut rester inactif pour prétendre percevoir une allocation.

3 – Renforcer le système de formation en apprentissage

Cet accent mis sur la formation professionnelle des jeunes peu qualifiés est depuis longtemps une réalité en Allemagne, en Autriche et en Suisse.

En Autriche (8,9% de jeunes sans emploi), les apprentis qui n’ont pas trouvé de place en entreprise se sont vus proposer, depuis 2008, une formation intitulée "supra-entreprise". Elle associe une formation pratique dans des « ateliers d’apprentissage » à un enseignement théorique dispensé dans des écoles professionnelles. Ce programme s’adresse aux jeunes en décrochage scolaire, aux jeunes défavorisés et aux élèves en retard. À la fin de janvier 2010, quelque 11 000 jeunes avaient suivi une formation de ce type.

En Allemagne (8,5% de jeunes sans emploi), le Pacte pour la formation conclu en 2004 entre les principaux partenaires sociaux et le Gouvernement allemand engageait les employeurs à offrir suffisamment de stages d’apprentissage pour répondre à la demande sur les trois années suivantes (en moyenne, 60 000 nouveaux stages ont été proposés chaque année). Le Gouvernement allemand doit également proposer chaque année 40 000 places pour l’initiation à la vie professionnelle en entreprise.

4 – Encourager les entreprises à embaucher des jeunes

Il s'agit de mettre en oeuvre des incitations financières ciblant notamment les jeunes peu qualifiés, ceux qui ont terminé leur apprentissage et les petites et moyennes entreprises.

En Pologne (22,7% de jeunes sans emploi), l’amendement de la Loi sur la promotion de l’emploi et les institutions du marché du travail en vigueur depuis février 2009 a renforcé les incitations financières pour les jeunes qui participent à une formation.

Au Royaume-Uni (10,8% de jeunes sans emploi) une bourse d’apprentissage pour les employeurs a été instaurée pendant la crise pour aider jusqu’à 5 000 employeurs à recruter immédiatement des apprentis au chômage âgés de 16 ou 17 ans avant qu’ils ne rencontrent des difficultés financières. Cette bourse de 2 500 livres sterlings vient s’ajouter à la prise en charge totale par le National Apprenticeship Service des coûts de formation des jeunes (âgés de 16 à 18 ans).

En Suède (24,9% de jeunes sans emploi), depuis le début de l’année 2009, le programme baptisé "Nouveau départ" associe baisse des cotisations sociales et autres réductions liées à la nature de l’emploi, pour les jeunes âgés de 20 à 25 ans qui ont été au chômage pendant au moins six mois. L’embauche d’un jeune relevant de ce programme réduit de 40 % le coût global du salarié.


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