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Belge trois fois

vendredi, 17 décembre, 2010 - 15:22

La Belgitude, ça existe ! Catherine Van den Steen, artiste française d’origine belge, l’a rencontrée. A travers 3 media (peinture, dessin et photo), et 3 villes (Bruxelles, Liège et Anvers), elle explore un monde en mutation, une société qui aspire à se libérer des tensions identitaires.

Près de la gare, des canaux, au bord des quais. Des pans de ciel ouvrant sur les ports et l’avenir du monde. Et puis des visages, des corps en mouvement. Aux carrefours, sur les passages cloutés, dans les escaliers, les abribus … Partout, Catherine Van den Steen arpente la ville – les villes – et dessine ses habitants. Peintre amoureuse de l’urbain et, donc, des urbains, l’artiste a sillonné la Belgique pendant deux ans. Elle a pris des centaines de photos "sur le motif" et de ces photos sont nés des dessins et des tableaux. Et aussi des photos qui font partie de l’exposition.

"Belge trois fois", c’est un peu son histoire à elle. Flamande et wallonne par ses parents, elle a grandi au Canada et au Chili, et ne retrouvait la Belgique qu’au moment des vacances chez sa grand-mère, à Bruxelles. Son pays de naissance était une référence qu’elle portait toujours avec elle : un pays-valise fait de lumière, cette blanche lumière du Nord, de ciels immenses, et de grands peintres.

La Belgique existe

"Belge trois fois", c’est aussi trois villes, qui incarnent les trois visages de la Belgique. La Wallonie, la Flandre et Bruxelles la cosmopolite. A travers ses toiles, ses photos et ses dessins, C. Van den Steen nous donne à voir une société où s’opère un énorme brassage de communautés venues de toute l’Europe. Le pays est dessiné par tellement de mondes différents qu’il n’y a plus que la population pour faire le lien. "J’ai rencontré beaucoup de gens et tous en ont vraiment ras-le-bol des tensions entre politiques. Au-delà de leurs différences, les Belges ont tellement de points communs ! Je crois en leur capacité à rebondir", affirme cette artiste qui ne se départ jamais de son sourire.

Catherine Van den Steen marche beaucoup. Elle tisse peu à peu une intimité avec la ville, ses façades et ses habitants. Elle croque des épaules tombantes, un visage pensif, un dos courbé, une démarche fringante… "Ce sont des humains peints, installés dans des rapports colorés, plus que dans des rapports de force", observe l’auteur Werner Moron. A travers ses dessins et peintures, l'artiste livre un carnet de voyage très personnel, son histoire d’amour avec la Belgique. De ses toiles ressort une grande sérénité, une aspiration à vivre ensemble, paisiblement. La paix serait-elle dans l’œil de l’artiste qui regarde ? Peut-être. En tout cas, l’exposition est un beau voyage dans cette Belgique qui existe, c’est indéniable. Et ces images sont peut-être plus vraies que nos réalités contemporaines.

http://catherinevandensteen.blogspot.com/

 

Informations pratiques :

 

à Paris, l'exposition est ouverte tous les jours sans interruption jusqu'au 7 janvier 2011 à la Fondation Biermans-Lapotre. 9a Bd. Jourdan. 75 014 Paris.

à Bruxelles : vernissage le 20 janvier, puis exposition du 21 janvier au 5 mars 2011 à la galarie Dubois Friedland. 99, rue du Prévost. 1 050 Bruxelles.

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