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Obidos, l’éco-village lusitanien

mercredi, 29 décembre, 2010 - 17:08

Au Portugal, c'est un village rural, Obidos, qui montre l'exemple. Tri très sélectif, distribution de composteurs individuels, agro-diesel et autres micro-initiatives environnementales vont permettre une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre.

4 ème volet d'une série de reportages sur les villes les plus vertes d'Europe.
 

La cité médiévale d’Obidos s’alanguit derrière ses murailles ocre, ses étroites ruelles, ses maisons basses et blanches aux balcons fleuris. Le temps semble s’y être arrêté. Mais l’apparence de village musée est quelque peu trompeuse. Obidos veut se forger une réputation de cité moderne qui mise sur le développement durable avec son projet “Carbone social”.

L’un des principaux axes concerne le ramassage et le tri sélectifs des déchets.

C’est dans le quartier au pied du château, dans la plaine environnante plantée de vergers et de vignes, que les premiers effets se font sentir. "Avant, pour déposer le verre, les cartons et les déchets du jardin il fallait faire des kilomètres. Les conteneurs étaient toujours pleins. Croyez-moi, il fallait vraiment avoir envie de recycler. Maintenant, je vais au bout de la rue", explique Léonor. A 50 mètres de chez elle un "îlot écologique" flambant neuf regroupe une benne à déchets ménagers volumineux non recyclables et trois conteneurs aux couleurs habituelles du tri sélectif.

Contrat de confiance avec la population

Pour sensibiliser la population au recyclage, la mairie a recruté deux agents très spéciaux: Nelson et Carla, 27 et 26 ans. Le binôme environnemental a frappé à toutes les portes pour sensibiliser et informer la population.

Les poubelles sélectives à usage domestique ainsi que des composteurs de jardin ont été distribués gratuitement, en contrepartie d’un contrat de confiance engageant les administrés à conserver et, surtout, à utiliser ce matériel. "Un composteur vaut 40 ou 50 euros. J’ai eu le mien à Noël. Un vrai cadeau ! C’est efficace et pratique", s’amuse Luis Pereira qui, lorsqu’il ne travaille pas dans la cité médiévale, cultive son jardin dans l’agglomération d’Amoreira.

Récupération des oleões usagées

Le recyclage n’est toutefois qu’un des axes mis en avant par la mairie pour réaliser ses objectifs, soit une réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre, évaluée aujourd’hui à 90 000 tonnes par an. En cours de réalisation: la plantation d’un jardin de 20 hectares pour la captation du CO2, le cofinancement de panneaux solaires intégrés aux toits des maisons, utilisation de l’agro-diesel pour le parc automobile municipal ou de lampes basse consommation pour l’éclairage public. L’encouragement à la construction d’édifices écologiques et l'installation d'un "carbo-baromètre" dans les maisons pour mesurer l'émission individuelle de CO2, complètent le dispositif.

Certaines mesures ont toutefois plus de mal à s’imposer, comme la récupération des oleões (huiles alimentaires). Une trentaine de points de collecte ont bel et bien été installés dans le canton, mais le service environnement de la mairie s’interroge encore sur l’efficacité du système et promet de le réexaminer, en menant une étude sur la consommation de l’huile alimentaire.

La prochaine étape est cruciale : il s’agit d’introduire une écotaxe qui sera probablement calculée sur le volume de déchets recyclés par chaque foyer. De quoi motiver les plus récalcitrants.




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