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L’euro ne fait pas peur à la vertueuse Estonie

lundi, 3 janvier, 2011 - 17:04

L’Estonie a adopté la monnaie unique au 1er janvier. Tout en étant le pays le plus pauvre de la zone, il en est aussi le plus respectueux des critères budgétaires de Maastricht.

Depuis le 1er janvier, la petite dernière de la monnaie européenne s’appelle Estonie. Elle est le 17ème Etat à rentrer dans la zone euro et le troisième pays ex-communiste après la Slovénie et la Slovaquie. Les 1,3 million d’Estoniens ont dit adieu à la jeune couronne introduite en 1992 à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso n'a pas manqué de s'en réjouir:

330 millions d’européens utilisent désormais les billets et pièces en euro

Mais cette adhésion restera anecdotique dans l’histoire de la monnaie unique puisque l’Etat Balte représente moins de 1% des 9.500 milliards du marché européen. Sur le plan économique, l’Estonie reste un petit pays : le revenu mensuel moyen était de 760 euros au troisième trimestre 2010 avec un taux de chômage qui avoisine les 15,5%. C'est la conséquence de la récession abyssale qui a vu le PIB estonien chuter de 14% en 2009 pour amorcer un redressement l'an dernier (+ 2,4% à 10.350 euros par habitant).

Le FMI prévoit une croissance de 4% en 2011

Malgré les difficultés liées à la crise, l’Estonie a enregistré une croissance de 5% en rythme annuel au troisième trimestre 2010 grâce à la hausse de ses exportations (+40% en décembre). Depuis un an, le pays est sorti de la zone critique soutenu par la reprise du commerce mondial. D’ailleurs, le FMI table pour cette année sur une croissance de 4%.

De plus le pays n’a pour le moment aucun problème à respecter les exigences économiques de Bruxelles grâce à la politique budgétaire rigoureuse du Premier ministre. Son déficit s’élève à 1,7% du PIB, bien en deçà des 3% maximum du traité de Maastricht et ses 7,2% de dette publique par rapport au PIB sont nettement inférieurs au 60% exigés le traité européen.

Les Estoniens restent divisés sur l'adhésion

Pour le Premier ministre centre droit, Andrud Ansip, cette adhésion n’est que la conclusion d’un long processus depuis l’indépendance en 1991 et l’entrée dans l’UE en 2004. Le gouvernement compte sur l’euro pour attirer les investisseurs, générer plus d’activité et gonfler les échanges. Notamment avec sa voisine finlandaise, traditionnelle partenaire privilégiée de Tallinn, également membre de l'euroland. Mais si les gouvernants sont confiants, les estoniens sont plus sur la réserve.

Selon un sondage 50% de la population seraient favorable à ce changement alors que 40% y seraient opposés. Un petit mouvement indépendant "Sauver la couronne" avait installé des affiches le 31 décembre dans le centre de la capitale. Les Estoniens s’inquiètent déjà de la hausse des prix, de la situation difficile de l’euro et de l’abandon de leur monnaie, symbole de l’indépendance vis-à-vis de l’Union soviétique. De fait, L’Estonie entre dans la zone euro à l’heure où cette dernière est plongé dans les turbulences. Mais sa « vertu » financière devrait la préserver des attaques des marchés.




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