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Mur anti-clandestins à la frontière gréco-turque

mardi, 4 janvier, 2011 - 15:07

Afin de lutter contre l’immigration clandestine, Athènes va construire un mur de 12,5 km le long de ses 200 km de frontière avec la Turquie. La Commission européenne émet des réserves sur son efficacité à long terme.

La Grèce "va mettre en place les moyens de repousser les migrants irréguliers" a expliqué ce mardi le ministre chargé de l’immigration, Christos Papoutsis. Sur plus de 12 km, le fleuve Evros pénètre en territoire Turc et laisse le champ libre à tous les immigrants voulant rentrer en Grèce et plus largement dans l’Union européenne. Une clôture sera donc installée à cet endroit, mais les modalités du projet ne sont pas encore connues.

Cette décision fait écho à l’appel à l'aide que la Grèce avait lancé en novembre dernier en demandant à l’agence européenne chargée de coordonner la surveillance des frontières extérieures de l'UE (Frontex) de déployer près de 200 gardes à cette frontière. Leur présence avait fait diminuer de 44% les entrées illégales. L’année dernière près de 128 000 clandestins avaient choisi ce passage pour rentrer dans l'espace Schengen.

Depuis le renforcement des frontières maritimes de l’UE et la signature d’accords de rapatriements par l’Espagne et l’Italie, l’est de la Grèce est la principale porte d’entrée des clandestins.

Pas de contentieux greco-turc

Selon Athènes, la politique turque de lutte contre l’immigration est insuffisante. Ankara refuse, notamment, de prendre en charge les clandestins arrêtés par les autorités grecques. Mais depuis quelques mois les deux pays se sont engagés à améliorer leur coopération dans ce domaine.

Par ailleurs, et pour éviter toute tension, le Premier ministre grec, George Papandreou, a rappelé que cette mesure n’est pas dirigée contre la Turquie. "La gestion des frontières est l’affaire des Etats mais dans certains cas, les frontières nationales sont également les frontières de l’UE", a-t-il expliqué.

Dans l'opposition, le parti conservateur "Nouvelle démocratie",  estime que "la muraille de Chine" entre la Grèce et la Turquie n'est que "de la poudre aux yeux".

Coté turc, on veut également éviter tout malentendu: "chaque pays a le droit de prendre les mesures nécessaires sur son territoire pour maintenir la sécurité de ses frontières" a répondu le vice-Premier ministre Turc, Cemil Cicek.  

Papandreou dénonce "l'hypocrisie" de Bruxelles

Mais la Commission européenne ne voit pas cette affaire d’un très bon œil. La commissaire en charge de la sécurité, Cecilia Malmström, estime que ce genre d'initiative ne sert à rien pour faire face au problème des clandestins: "les murs et les grillages sont des mesures à court terme qui ne permettent pas de s’attaquer de manière structurelle à la question de la migration".

Pour George Papandreou, ces propos sont hypocrites car il est "du devoir du gouvernement de protéger les droits des citoyens grecs".

La Grèce "a dépassé ses limites en capacité d’accueil d’immigration clandestine". En clair, la Grèce confrontée à une crise économique sans précédent, ne veut pas jouer seule le rôle de douanier de l’Europe.

(Article actualisé à 19h avec la réaction de l'opposition grecque)


 




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