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La saga belge continue encore et toujours

vendredi, 7 janvier, 2011 - 10:35

Plus de 200 jours de négociations et toujours pas de gouvernement en vue en Belgique. Johan Vande Lanotte, le conciliateur chargé de rapprocher le point de vue des partis francophones et néerlandophones, a soumis sa démission au Roi Albert II.

Le socialiste flamand, Johan Vande Lanotte a pourtant été patient. Durant près de 80 jours, en tant que conciliateur, il a tenté de rapprocher le point de vue des partis francophones et néerlandophones autour du projet de réforme de l'État, étape nécessaire avant la formation d'un gouvernement.

En envoyant sa note aux différentes parties le 5 janvier, sans rêver à un accord immédiat, il pouvait modestement espérer l'obtention de progrès. Rien de cela. Bien au contraire. Désavoué par deux partis flamands, il a soumis sa démission hier soir au Roi Albert II, considérant qu'il avait tout son possible pour atteindre un accord et que continuer ne servait à rien. Le Palais Royal a réservé sa réponse et devrait revoir le conciliateur lundi 10 janvier.

La situation politique n'a jamais semblé aussi bloquée : six mois de négociations pour un résultat proche de zéro.

Laisser pourrir la crise

Cette fois, aux yeux de tous, le blocage est venu des indépendantistes flamands de la NVA (Alliance néo-flamande, premier parti de Belgique) qui ont jugé que la note nécessitait des "observations fondamentales quant au contenu et à sa portée". Ces observations ont été immédiatement transmises aux autres partis, précisant que la NVA jugerait de sa participation à la reprise des négociations en fonction des réponses.

L'objectif est clair: faire porter l'échec des pourparlers aux Francophones en demandant toujours plus et en laissant pourrir la crise. Cela serait alors la preuve irréfutable que le pays est devenu ingouvernable, alors que c'est cette même NVA qui fait tout pour.

« Que faire maintenant ? »

Car, pour les autres partis flamands – hormis les conservateurs du CD&V qui cherchent à passer pour aussi jusqu'au-boutiste que la NVA –, la note du conciliateur a été jugée comme un bon élément de travail pour la reprise des négociations.

Même chose pour la presse flamande qui n'a pas compris le blocage créé par les deux partis. Pour Lisbeth Van Impe: "Il est bien loin, écrit-elle dans le journal Het Nieuwsblad, le temps où le CD&V savait que le courage politique avait un autre visage. Que faire maintenant ? Personne ne sait."

Les francophones aussi

Fatigué par cette intransigeance, Johan Vande Lanotte voudrait donc se retirer. Dans la foulée, les socialistes francophones – vainqueurs des élections de juin dernier en Wallonie – ont annoncé qu'au regard de la situation, ils étaient prêts à envisager à faire rentrer d'autres partis politiques dans les négociations.

Ce bras tendu à peine voilé en direction de la famille des libéraux a pour but de mettre la pression sur la NVA en tentant de prendre des initiatives.

Et la réaction ne s'est pas fait attendre. Le Président de la NVA, Bart de Wever a déclaré qu'il incombait à son parti et au PS de relancer les négociations et que ce "n’est pas une bonne idée de lancer comme cela des appels devant la presse". Tout en ajoutant que les partis francophones avaient eu eux aussi formulé des "remarques fondamentales" au sujet de la note Vande Lanotte, comme pour tenter encore une fois, de se déculpabiliser des blocages actuels.

Bientôt le prochain épisode

La Belgique continue donc d'être gouvernée par un cabinet qui expédie les affaires courantes, se contentant de gérer au jour le jour le pays, sans pouvoir voter de nouvelles lois ou de budget. Certains observateurs se demandent si de nouvelles élections ne pourraient pas être organisées, avant même la formation d'un gouvernement, pour tout reprendre depuis le début, même si les récents sondages donnent des résultats similaires, voire même une progression des indépendantistes flamands.

Lundi 10 janvier, le Roi rendra sa décision et annoncera son plan pour tenter une nouvelle de sortir de la crise. Acceptera-t-il pas la démission du conciliateur ? Lui trouvera-t-il un remplaçant ? Après avoir nommé un informateur, un pré-formateur et deux médiateurs, a-t-il encore assez d'imagination pour trouver une nouvelle dénomination ?




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