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Quelle place pour le rap en Europe ?

dimanche, 9 janvier, 2011 - 12:41

De la France à la Suède en passant par l'Autriche et l'Espagne, point de vue de rappeurs sur la place de leur art dans leur pays.

La Caution – Esprits libres du rap français

"L’émergence du hip hop partout dans le monde prouve la puissance de ce mode d’expression. Le rap permet aux plus pauvres d’accéder à la création artistique, de mettre instantanément leur vécu en musique. On a eu la chance de faire des featurings avec des artistes de différents pays, de tourner en Europe, au Maroc, en Amérique latine. Ces ponts-là, humainement, apportent énormément. Et permettent de renouer avec l’énergie primale du hip hop : le rapprochement des êtres et des musiques, le dépassement de soi, et l’enrichissement personnel et artistique qui en résulte. Dans les pays où le hip hop en est à ses balbutiements, tu retrouves cette énergie, cette fraîcheur de départ. Un événement comme Diversidad fait vivre cette passion fondatrice, tuée en France par l’industrie. Bien, pas bien, peu importe : on continuera, en tâchant de ne pas perdre l’étincelle qui nous a donné envie de faire ce métier."

Texta – Pères du rap autrichien

"En Autriche, le hip hop ne fait l’objet d’aucun traitement économique, médiatique ou promotionnel. Alors qu’elle existe depuis vingt ans, la scène rap reste underground – tout comme le reggae, le rock indie ou la techno. L’argent de la Culture va principalement aux musées, à l’opéra, à la musique classique. Le lancement de radios privées n’a rien changé : à l’exception de FM4, elles ne passent que de la pop. Pourtant, notre public ne cesse de se diversifier : aux fans de la première heure, aujourd’hui âgés de 30 ou 40 ans, se mêlent jeunes amateurs. Pour secouer les clichés qui collent aux cultures urbaines, les artistes doivent unir leurs forces et mettre l’accent sur la qualité. Ne pas se contenter de dire "kill the leaders", mais travailler nos sons et nos textes pour apporter un regard critique de manière intelligente et artistique."

Looptroop Rockers – Pionniers du rap suédois

"Pour faire croire qu’elle s’intéresse au rap, la presse suédoise s’empare d’un mec consensuel qui plaît à tout le monde, le porte aux nues pendant six mois puis le jette ! Cette situation masque la multiplicité et la vigueur de la scène rap suédoise. Notre groupe a donné l’impulsion ; aujourd’hui, de nouveaux artistes apportent leur son, leur style, tout en restant fidèles à notre esprit d’indépendance, notre volonté de ne pas céder au formatage. L’enjeu : que leur travail soit reconnu, qu’ils puissent faire des concerts, vivre de leur musique."

Porta – Nouvelle tête du rap espagnol

"En Espagne, le rap reste perçu comme une culture de rue, marginale. Il occupe pourtant une place importante chez les jeunes. Il existe une multitude de groupes, la concurrence est rude ! Certains disent que j’incarne une nouvelle génération de rappeurs parce que je suis issu de l’ère digitale (j’ai émergé grâce à Myspace). Je ne me sens pas de responsabilité sociale ou politique : je ne suis pas là pour remettre en cause le système ; si j’ai envie de parler d’amour ou de Dragon Ball, je le fais ! Du coup, mon public fédère amateurs de rap et adolescentes qui n’écoutaient pas cette musique jusque là. Elle sort le hip hop de l’underground. Dommage que les médias s’intéressent moins à ma musique qu’à ma vie privée et à ma coupe de cheveux !"


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