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Le pape dénonce les cours d’éducation sexuelle ou civique « imposés »

mardi, 11 janvier, 2011 - 12:48

Benoît XVI dénonce la participation "imposée", dans "certains pays européens", à des "cours d’éducation sexuelle ou civique". Le Planning familial réagit vivement aux propos du pape.

"Est-ce que l'Eglise préférerait que les enfants s'éduquent à la sexualité à coup de films pornographiques? Je ne pense pas". Les réactions aux vœux du pape Benoît XVI, prononcés le 10 janvier, ne se sont pas fait attendre. En tête Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Mouvement Français du planning Familial en tête. Pour cause, le pape a épinglé les cours "d’éducation sexuelle ou civique" de certains pays européens. Benoît XVI a expliqué que ces enseignements "véhiculent des conceptions de la personne et de la vie (…) reflètent une anthropologie contraire à la foi et à la juste raison". Une atteinte à la liberté religieuse qui "ne pouvait pas passer sous silence".

"Donnez des prénoms chrétiens à vos enfants !"

L’attaque n'est qu'une bribe de son discours, mais elle suscite sans surprise la polémique. Pour Marie-Pierre Martinet, "parler ce n'est pas inciter, mais ça permet d'aider les jeunes à faire leurs propres choix en matière de sexualité". Ces cours évoquent la relation avec l'autre, la lutte contre certains stéréotypes, à un âge où l'adolescent se pose des questions."

Cette liberté d’information tient à cœur au Planning Familial : "C'est de notre responsabilité de donner les clés aux jeunes  pour qu'ils puissent faire eux-mêmes leurs propres choix en matière de sexualité. Ne pas l’évoquer, c'est le risque de laisser libre court à des attitudes dangereuses". Et Marie-Pierre Martinet d’ajouter : "C'est presque criminel. Au nom d'un dogme, on fait une négation de ce qui se passe réellement. Ca ne m'étonne pas mais ça m'attriste et me désespère surtout".

Prudent, Benoît XVI n’a pourtant visé aucun État en particulier dans son discours, mentionnant vaguement "certains pays européens". Toutefois, des pays pourraient se sentir visés, à l’image de l’Espagne qui, depuis 2007, a intégré à son cursus général des cours d'éducation à la citoyenneté rapidement jugés "trop progressistes" par l'Eglise. Le programme inclut des chapitres comme le rejet de l'homophobie, le droit au divorce et à l'avortement ou encore l’acceptation des familles homoparentales.

Toujours par souci de préservation de la religion chrétienne, Benoît XVI a enfin appelé les familles à donner des prénoms chrétiens à leurs enfants, au détriment des prénoms à la mode. Message reçu par une partie de la presse italienne, qui a, ce mardi, titré les recommandations du Pape "Donnez des prénoms chrétiens à vos enfants !".

La liberté religieuse : fer de lance du Vatican

2011 sera l’année de la liberté…religieuse, selon la volonté du pape. C’est sur le respect de cette valeur que s’est focalisé Benoît XVI. L'expression a été prononcée pas moins de 19 fois.

Benoît XVI a posé la question de cette liberté dans certains pays du Moyen-Orient. Après les attentats contre des chrétiens en Irak (46 morts le 31 octobre dernier) et en Egypte (21 morts le 31 décembre dernier), Benoît XVI a souligné l'"urgente nécessité" pour les gouvernements de la région d'adopter, "malgré les difficultés et les menaces, des mesures efficaces pour la protection des minorités religieuses".

Le pape a par ailleurs réservé "une mention particulière" à "la loi contre le blasphème au Pakistan" et "encouragé" les autorités de ce pays "à faire les efforts nécessaires pour l'abroger, d'autant plus qu'il est évident qu'elle sert de prétexte pour provoquer injustices et violences contre les minorités religieuses".




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