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Les universités européennes au régime sec

mardi, 11 janvier, 2011 - 13:06

La crise économique et la lutte contre les déficits budgétaires contraignent la plupart des universités européennes à se serrer la ceinture. A l’exception notable des facs françaises et allemandes.

En dépit des discours et des bonnes résolutions inscrites dans la stratégie de Lisbonne, l’Europe de la connaissance a du plomb dans l’aile… Les universités du continent sont les victimes collatérales de la crise économique et de la rigueur budgétaire dans bien des pays d'Europe, souligne une étude de l’EUA (Association des universités européennes).

Or le financement des universités européennes est assuré, en moyenne, à 75 % par des fonds publics. L’EUA met ainsi en évidence les conséquences pour les étudiants obligés de s’entasser dans des amphis surchargés. Dans certains pays, comme en Grande-Bretagne, les frais d’inscription ont fortement augmenté. La réduction du nombre d’enseignants et du personnel administratif est, dans de nombreux pays à l'ordre du jour et les salaires sont le plus souvent gelés.

Certains départements universitaires luttent pour leur survie quand d’autres sont contraints de fusionner, comme en Lettonie et au Danemark et en Islande.

En Grande-Bretagne et en Ecosse, des établissements ont également remis à plus tard les investissements envisagés dans la création de campus délocalisés, notamment dans les pays émergeants.

Last but not least, les activités de recherche sont, elles aussi, également touchées, principalement aux Pays-Bas, en Autriche ou en Espagne.

Partout, le débat sur la nécessité pour les universités de diversifier leurs sources de revenus en faisant appel au secteur privé est relancé. Mai dans le même temps, les dons et autres programmes d’envergure financés par les entreprises, ont, eux aussi, fondu comme neige au soleil…

Coupes claires généralisées

Parmi les Etats les plus touchés, l'EUA met en avant le cas de la Lettonie où à la réduction de 48 % des dotations publiques dès 2009 s’est ajoutée une nouvelle baisse de 18 % en 2010 suite au plan de sauvetage accordé par la FMI et la Banque mondiale en contrepartie d’une réduction du déficit.

Avec une baisse de 40% des financements publics dès 2010 et jusqu’à 2014-2015, les établissements britanniques font, eux aussi, les frais de la rigueur.

Les facs grecques, avec une érosion de 30 % des financements publics et italiennes, où les subventions publiques devraient diminuer de 20 % d’ici à 2013, sont à peine mieux lotis.

L’EUA distingue ensuite un groupe de pays qui ont décidé de réduire de "seulement" 5 % à 10 % les financements accordés à leurs universités : c’est notamment le cas de l’Irlande (9,4 % en 2010 et 7% en 2011), de l’Islande (5 % en 2010, 6-7% en 2011), de l'Estonie et de la Roumanie (10 %) et de Lituanie (8%).

Des coupes de l’ordre de 5 % sont, en outre, à l’ordre du jour dans la plupart des pays d’Europe centrale et orientale, de la République tchèque aux pays de l’ex-Yougoslavie.

La France et l’Allemagne tirent leur épingle du jeu

La situation est plus favorable dans les pays scandinaves, les Pays-Bas, la Pologne ou la Suisse où les universités n’ont pas, jusqu’à présent, été confrontées à des restrictions budgétaires. Toutefois, la stabilité des dotations publiques ne permet pas à ces établissements de répondre convenablement à l'augmentation du nombre des étudiants.

Des tensions sont également perceptibles en Hongrie, en Autriche ou en Espagne où, sans couper dans le budget des universités, les gouvernements ont renoncé à verser les augmentations promises.

Dans ce contexte, les universités françaises et allemandes sont les seules à vraiment tirer leur épingle du jeu.

Paris a, en effet, choisi de doter ses établissements de financements supplémentaires, consacrant 11 milliards d’euros à l’amélioration de la qualité de l’enseignement et 8 milliards d’euros à la recherche, tandis que 8 milliards d’euros complémentaires devraient favoriser la création de "campus d’excellence".

Berlin a, pour sa part, décidé de poursuivre ses efforts en promettant 800 millions d’euros d’ici 2015 aux établissements d'enseignement supérieur afin de leur permettre de faire face à la croissance du nombre d’étudiants. Le financement de "l’initiative d’excellence" se poursuit lui aussi (lire article myeurop "La France en parle, l'Allemagne l'a fait").

Les subventions accordées notamment par l’Etat fédéral devraient ainsi compenser les réductions envisagées par certains Länder. La situation au Portugal, est, elle aussi, encourageante – les 100 millions d’Euros promis par le gouvernement pour compenser les baisses des années précédentes devraient être versés – mais cette augmentation des ressources ne profiteront pas aux enseignants dont les salaires, comme ceux des autres fonctionnaires allemands, devraient être amputés.
 




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