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La BD belge sort de sa bulle

jeudi, 27 janvier, 2011 - 15:14

Si je vous dis "bande dessinée belge", vous me répondez "Tintin, Gaston Lagaffe, les Schtroumpfs, Lucky Luke, Achille Talon"… Révisez vos classiques : du 27 au 30 janvier 2011, le festival international de la BD d’Angoulême met en lumière une nouvelle vague belge qui balaie les formats.

1929, le succès planétaire de Tintin au pays des Soviets, signé Hergé, lance la BD belge. La dynamique se poursuit avec Spirou (1938), Blake et Mortimer (1946), Lucky Luke (1947), Félix (1949), Gaston Lagaffe (1957), les Schtroumpfs (1958), sans oublier Boule et Bill, Achille Talon, Tif et Tondu, Bob Morane, Ric Hochet, Alix, Cubitus, Natacha, Les Tuniques bleues

Aujourd'hui, où en est-on ? D’albums classiques en romans graphiques, plus de 700 auteurs de BD seraient recensés en Belgique, où "la bande dessinée fait partie de la réalité et de l’imaginaire des gens", estime le Centre belge de la bande dessinée.

De son côté, pour sa trente-huitième édition, le Festival international de bande dessinée d’Angoulême – manifestation bédéphile la plus importante du monde, accueillant 6000 professionnels et 200 000 visiteurs – consacre cette année une exposition à la nouvelle BD belge.

"Elle a surgi il y a vingt ans, alors qu’on pensait qu’il n’y avait en Belgique de la place que pour les enfants de Franquin ou d’Hergé !" expliquent les responsables de l’événement. Exit aussi les auteurs modernes mais classiques à la Jean Van Hamme (XIII, Thorgal, Largo Winch) ou Geluck (Le Chat) : le festival part à la découverte de talents différents, "dans la lignée des Hermann, Comès, Dany, Schuiten ou Yslaire, engagés, insaisissables et ouverts à toutes les expérimentations".

Dessin libéré, discours décloisonné

Remise en cause de la case, du héros, de la plume, du pinceau : l’esthétique est innovante, l’approche de la narration aussi. Les lecteurs de BD traditionnelles risquent de ne pas s’y retrouver ! Les amateurs d’art contemporain, eux, vont apprécier ces œuvres qui s’exposent déjà en galerie, sur des scènes de danse ou les murs des villes…

Ce qui les réunit, au-delà de leur nationalité ? Pas leurs styles, multiformes, mais un esprit composite et souvent radical, qui vit la BD "presque comme un acte politique, souvent relié aux questions formelles de la littérature et de l’art contemporain, toutes amarres rompues avec les écoles de dessin qui ont façonné la BD franco-belge classique".

Deux grandes approches

Rendez-vous à l'Espace Franquin. A mi-chemin entre l’exposition et l’installation, sur 250 mètres carrés, le parcours proposé par le Festival d'Angoulême présente deux grands types de travaux.

D’un côté, les auteurs "cérébraux" centrés sur le questionnement, l’expérimentation, le détournement et l’autofiction, édités par des structures belges comme la Cinquième Couche, l’Employé du Moi ou Grandpapier.org : Benjamin Monti, Ilan Manouach, Sacha Goerg, Aurélie Levaux, William Henne, Renaud de Heyn… 

De l’autre, les praticiens d’une BD plus poétique et plus plastique, adeptes des "littératures graphiques", publiés notamment par Frémok : Thierry Van Hasselt, Vincent Fortemps, Dominique Goblet, Olivier Deprez, Eric Lambé…

En complément, le festival rend hommage aux doyens de cette BD belge indépendante (Joe G Pinelli, Louis Joos et autre Alain Corbel), ainsi qu’à quelques électrons libres comme Denis Deprez, Céd ou David Vandermeulen.

Ces noms ne vous disent rien ? Raison de plus pour jeter un coup d’œil à leurs oeuvres !


Trésors de la BD européenne

Pour améliorer votre connaissance de la bande dessinée européenne, direction Bruxelles, où le Centre belge de la bande dessinée présente jusqu’au 6 mars 2011 une sélection de planches originales, extraites d’œuvres majeures des cent dernières années.

Cinquante auteurs des quatre coins d'Europe sont à l’honneur, d’Alain de Saint-Ogan à Hergé, en passant par Peter Madsen, Uderzo, Hugo Pratt, David Lloyd, Vittorio Giardino, Ruben Pellejero, Grzegorz Rosinski, Christophe Blain, Jijé, Denis Deprez…


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