Connexion

Syndicate content

Un gouvernement est-il encore possible ?

vendredi, 4 février, 2011 - 10:37

Et de six. Le Roi Albert II vient de nommer un nouvel "informateur". Il dispose de deux semaines pour étudier les "possibilités d'arriver à un accord institutionnel". Juste la "possibilité". Alors que les Belges vivent sans gouvernement depuis près de 240 jours, la crise politique continue.

Après quelques jours de tractations, le souverain belge a fait son choix. Le Président du parti libéral francophone (le Mouvement Réformateur) et actuel Ministre des Finances fédéral démissionnaire, Didier Reynders devient ainsi le sixième "informateur royal" – même si certains précédents portaient un nom différent, comme "médiateur" ou "concialiateur".

Presque 240 jours sans gouvernement

Son mandat est court: deux semaines. Et il n'a nullement pour objectif de trouver un accord à la crise politique. Selon le communiqué royal, il doit "informer [le Roi] d'ici deux semaines sur les possibilités d'arriver à un accord institutionnel". Juste la "possibilité".

Ce terme démontre bien l'atmosphère actuelle d'impasse régnant en Belgique, après plus de 230 jours de négociations. Les indépendantistes de la l'Alliance Néo-Flamande (NVA) et le Parti socialiste (PS, francophone) – les deux gagnants des élections de juin 2010 – n'arrivent pas à se mettre d'accord sur la réforme de l'État.

Le précédent conciliateur, le socialiste flamand Johan Vande Lanotte, a passé trois mois à tenter de trouver un point d'entente entre les partis. Rien. Et la dernière demande express de la NVA de négocier la scission de la sécurité sociale, ne risque pas d'arranger les choses. Les francophones ont toujours présenté ce dossier comme la ligne rouge à ne pas dépasser.

Du sang neuf

En nommant Didier Reynders, le Roi belge espère apporter un vent neuf sur les négociations puisque les libéraux, aussi bien flamands que francophones, en étaient écartés jusqu'à présent. Le nouvel informateur a commencé à rencontrer les chefs de parti dans la plus grande discrétion. Très peu de détails sur ces entretiens filtrent.

La question qui se pose maintenant: qu'arrivera-t-il si les conclusions de Didier Reynders démontrent qu'aucun accord n'est envisageable ? Ou que de longues tractations sont encore nécessaires alors que le pays en est déjà à 230 jours sans exécutif fédéral ?

Procédure d'urgence

Pour faire face à cette hypothèse, le Roi a même été jusqu'à demander à l'actuel Premier ministre démissionnaire, Yves Leterme, de préparer un nouveau budget 2011, puisque le pays vit actuellement sans. Or, une telle requête frôle l'inconstitutionnalité. En effet, depuis sa démission, le gouvernement n'est plus responsable devant le Parlement et ne peut normalement gérer que les "affaires courantes". Pour contourner cet obstacle, il faudrait que la conférence des Présidents de la Chambre reconnaisse le caractère urgent de la situation. Ce qu'ils seraient disposés à faire.

Il semble que nécessité soit devenue loi dans une Belgique qui ne sait plus comment sortir de l'impasse. Il est loin le temps du "compromis à la belge". Et la victoire d'un parti nationaliste en Flandre aux dernières élections n'y est probablement pas étranger. 




Pays