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Encadrement des élèves: le bonnet d’âne de la France

mercredi, 16 février, 2011 - 16:08

Taux d’encadrement des élèves dans les établissements (en %)

Irlande
UK
Portugal
Espagne
Pays-Bas
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France
Suède
Danemark
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Pologne
République tchèque
Autriche
Grèce
Ireland
UK
Portugal
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France
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Czeque Republic
Austria
Greece

Alors que l’éducation nationale fait aujourd’hui les frais de la rigueur budgétaire, une étude vient rappeler que le taux d’encadrement des élèves et des étudiants hexagonaux est un des plus bas des pays de l’OCDE. De quoi relancer les polémiques et occulter les vrais débats sur les moyens à mettre en place pour augmenter la qualité de l’enseignement.

"Depuis 20 ans, il y a 500 000 élèves en moins et 34 000 enseignants en plus", a rappelé, Nicolas Sarkozy, le 11 février dernier, justifiant ainsi la décision d’appliquer à l’éducation nationale le principe du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Avant de poursuivre le dégraissage du Mammouth, le gouvernement aurait pourtant tout intérêt à étudier à la loupe les résultats de l’étude que vient de publier le Conseil d’analyse stratégique, un organisme placé sous l’autorité du Premier ministre. Il pointe le sous-encadrement des élèves et étudiants français par rapport à leurs camarades des autres pays de l’OCDE.

Peu de moyens pour le primaire

Avec 6,1 enseignants pour 100 élèves, la France présente le taux d’encadrement le plus faible. La situation est particulièrement tendue dans le primaire où le taux d’encadrement descend à 5 enseignants pour 100 élèves. L’Hexagone se situe également en bas de l’échelle pour l’enseignement supérieur où le taux d’encadrement est identique. Elle se rapproche en revanche de la moyenne de l’OCDE pour le secondaire avec 7,5 enseignants pour 100 élèves.

L’étude du Conseil d’analyse stratégique égratigne également les idées reçues concernant les dépenses par élèves. Avec 5 000 dollars dépensés par élève et pas an dans le primaire, la France ferme là aussi la marche. Idem pour l’enseignement supérieur quand elle sauve à peine la face pour le secondaire avec des dépenses dans la moyenne européenne.

Spécificités locales

Le chef de l’État a beau indiquer que la hausse continue du nombre d’enseignants au cours des dernières années ne s’est pas accompagnée d’une progression des résultats des têtes blondes dans les enquêtes internationales – en témoigne notamment l’étude de PISA de l’OCDE – le faible encadrement des élèves ne s’est, a contrario, jamais traduit par des prouesses éducatives fulgurantes.

L’étude du Conseil d’analyse stratégique montre en effet que les premiers de la classe, comme la Finlande, encadrent les élèves ou les étudiants plus que ne le fait la France. La décision de réduire le nombre d’enseignants d’une manière identique sur tout le territoire, sans tenir compte des spécificités locales ou des besoins de chaque cycle, ne permet pas non plus de répondre aux enjeux.

"Droit de résister"

Souhaitant en finir avec ce débat sur les moyens, le président de la République explique par ailleurs qu’il est urgent de mettre l’accent sur la qualité de l’enseignement. Sauf que ce type d’argument -qui blesse à juste titre nombre de professeurs -, serait plus pertinent si toutes les mesures annoncées ne visaient pas à adapter les enseignements au nombre d’enseignants, mais portaient sur la liberté d'innovation laissée aux pédagogues.

Certains enseignants commencent à revendiquer leur "droit à résister" à ces injonctions imposées sans concertation. La mise en place d’une politique créative, à l’œuvre dans les pays du Nord, nécessite toutefois de renforcer la motivation et la responsabilisation des enseignants. Même si ce n’est pas le seul levier, la question salariale pourrait jouer un rôle important, la France étant aussi un des pays qui rémunère le plus mal ses professeurs.




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