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Wikileaks: Assange condamné à l’appel

jeudi, 24 février, 2011 - 17:44

La justice anglaise a donné raison à la Suède et accepté l’extradition du cofondateur de Wikileaks. Celui-ci va évidemment faire appel. L’issue de la partie anglaise de l'affaire semble proche. Mais le feuilleton continue.

Julian Assange devrait bientôt se retrouver inculpé en Suède. Après deux mois et demi de procédures pénales et d’auditions, la justice britannique vient d’autoriser son extradition vers le royaume scandinave pour qu’il y soit interrogé et inculpé pour "viol mineur". L’affaire n’est toutefois pas encore entendue puisque le co-fondateur de Wikileaks a confirmé qu’il ferait appel de la décision du juge Howard Riddle.

Nous avons toujours su que nous aurions probablement à faire appel. 95% des mandats d’arrêts européens sont réalisés avec succès. (..) L’examen minutieux du système de mandat d’arrêt européen doit maintenant commencer, il ne peut pas être possible que le fait de remplir deux pages avec le nom de quelqu’un et une simple suspicion, pas même une accusation, puisse mener à une extradition dans un des 26 autres pays-membres" a-t-il déclaré à la sortie du tribunal.

 

Trois personnes par jour sont extradées du Royaume-Uni en raison de ce procédé administratif. L’année dernière, ce sont 700 personnes qui ont ainsi été extradées.

Un avocat peu fiable

Ces arguments ne cachent néanmoins pas la défaite de la défense. Ou plutôt le succès de ceux des procureurs représentant l’Etat suédois. Clare Montgomery a, en effet, presque réduit à néant chacun des arguments des avocats de Julian Assange.

Tout d’abord, le juge a vertement critiqué son avocat suédois Bjorn Hurtig, qu’il a qualifié de "témoin peu fiable" ayant "délibérément voulu trompé la cour". En effet, celui-ci avait toujours déclaré avant son audition le 8 février que la procureure suédoise n’avait pas cherché à rencontré son client avant son départ de Suède fin septembre, ce qui s'est avéré faux. Mis devant l’évidence d’échange de SMS sur le sujet dès le 22 septembre, il avait fait marche arrière.

J’ai eu tort, la procureur n’a pas mis cinq mais quatre semaines avant de demander à rencontrer Julian. Elle a demandé à le rencontrer avant son départ de Suède. Mon erreur a favorisé Julian Assange. J’ai tenté de contacter mon client en laissant des messages sur son répondeur mais je n’ai réussi à l’avoir qu’une fois qu’il avait quitté le pays le 29 octobre, lorsqu’il m’a appelé de Munich" s'est justifié celui-ci.

Dès lors, les témoignages de deux magistrats suédois à la retraite, qui s’appuyaient partiellement sur cet argument pour justifier leur soutien au jeune Australien, ont été jugés "faussés" par le juge.

La justice anglaise botte en touche

Enfin, le juge a admis "faire confiance à une autre Cour de justice, notamment européenne, dans son usage du mandat d’arrêt" et n’a pas estimé y voir "un abus de procédé", la procureure suédoise étant totalement habilité à l’émettre. Ce point est donc largement attaqué par Julian Assange et lui servira de principal argument de défense.




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