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Nouveaux crash tests pour les banques européennes

vendredi, 4 mars, 2011 - 08:40

L'autorité européenne de supervision des banques (EBA) va commencer demain des tests de résistance sur les banques européennes. Concrètement, cela signifie quoi?

Début 2011, une nouvelle agence de régulation bancaire est née au niveau communautaire en remplacement du Comité européen de Supervision des banques (CEBS): l'autorité européenne de supervision des banques (EBA), notamment en charge de gérer les situations de crise sur les marchés financiers européens. C'est elle qui s'occupe désormais des exercices de test à l'échelle européenne en partenariat avec les autorités financières nationales.

"Stress tests"

Les tests de résistance des banques, ou "stress tests" comme les appellent leurs inventeurs américains, sont l'équivalent des crash tests que subissent les voitures avant la commercialisation pour vérifier la solidité de la carrosserie, le déclenchement des airbags, le bon fonctionnement de la ceinture de sécurité, etc.

Dans ce cas, c’est un exercice qui doit montrer la capacité d’une banque à faire face à un choc de crédit, une dégradation du marché ou une dégradation de la dette souveraine. Il s'agit de contrôler si les liquidités sont suffisantes, si les capitaux en fonds propres peuvent résister à un changement brusque de l'économie et dans quelle mesure les Etats vont devoir jouer le rôle d'amortisseur en cas de crise grave.

Plusieurs scénarii

Concrètement, il s'agit de transmettre aux établissements bancaires deux scénarii:

  • Un "scénario macroéconomique de base" qui reprend les prévisions en vigueur des spécialistes
  • Un "scénario macroéconomique adverse" qui retient des hypothèses théoriques volontairement extrêmes de dégradation de l'économie et des marchés financiers. C'est un scénario de crise, comme celle que nous avons vécu en 2008.

En 2009, une première vague de tests avait été réalisée sur 22 banques, sans que les résultats ne soient rendus publics. Une deuxième vague a été réalisée en juillet 2010. Cette fois, ce sont 91 banques européennes qui avaient été soumises aux scénarios de crise de l'autorité financière européenne avec le concours des autorités de supervision financières de 20 pays-membres. Sept d'entre elles avaient échoué (5 en Espagne, 1 en Allemagne et 1 en Grèce).

Des test peu fiables

Ces tests de résistance se font sous forme de fiction car il ne s'agit évidemment pas de dérégler véritablement les marchés financiers: leur validité est ainsi remise en cause car ils reposent avant tout sur des estimations. De plus, leur manque de sévérité est également pointé du doigt: en 2010, ils n'ont pas su détecter la crise bancaire qui a frappé l'Irlande quelques mois plus tard.

Pour l'instant, l'EBA a annoncé sur son site qu'elle allait dialoguer avec les régulateurs nationaux et les banques concernées sur la base des scénarios communiqués. Pour ce nouveau test, le prix de l'immobilier et les taux d'intérêts seront incorporés dans les facteurs de mesure pour que les résultats soient le plus fiables possible. Le 18 mars, elle publiera les hypothèses macroéconomiques et la liste des banques choisies pour les tests. Par ailleurs, l'autorité est en train de réfléchir aux mesures à prendre qui pourraient être appliquées en cas d'échec à ces tests.

Les détails de la procédure seront donnés en avril et les résultats pourraient être dévoilés en juin. Reste à savoir si ces nouvelles mesures se révéleront suffisantes pour mieux prévoir les risques de crise financière et si le sérieux des méthodes utilisées saura convaincre les observateurs financiers.




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