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Délit de faciès: les discothèques européennes épinglées

lundi, 7 mars, 2011 - 18:22

Dans la soirée de samedi, des associations anti-discrimination ont "testé" 67 discothéques dans 15 villes de 11 pays d'Europe. Triste bilan: plus d'une sur deux a refusé l'entrée à des Maghrébins, Noirs et Roms.

La première "Nuit européenne du testing" à l'entrée des boîtes de nuit a été –malheureusement- un succès. Sur 67 établissements testés dans la nuit de samedi à dimanche, dans quinze villes européennes, 34 ont été épinglées pour discrimination selon l'origine ethnique. Plus d'une sur deux. "On s'attendait à être surpris, mais pas à ce point là", explique Benjamin Abtan, le secrétaire général de l'EGAM – European Grassroots Antiracist Movement, qui rassemble une quarantaine d'association européennes.


Afficher Nuit du Testing européen sur une carte plus grande

A Bilbao, huit établissements sur neuf ont refusé l'entrée à des clients noirs ou arabes. A Tirana, en Albanie, des personnes d'origine Rom n'ont pas pu rentrer dans trois bars et un restaurant sur les six testés.

Alors que le testing est employé en France depuis 1998, contrairement à de nombreux pays où cette méthode a été employée samedi pour la première fois, les boîtes de nuits hexagonales ne font pas exception : deux discothèques sur quatre ont été prises en faute à Paris (Duplex et Madame), un sur trois à Lyon (AKGB) et un sur deux à Besançon (Le Bristol). Des plaintes ont été déposées.

Infuences populistes

Des "résultats préoccupants" pour SOS Racisme, à l'origine de cette action. Ils illustrent "la percée des partis d'extrême-droite et populistes, qui tirent parti de la crise économique et sociale pour gagner en influence, et la montée des idéologies racistes". Et, plus encore, "l'application de leurs programmes politiques", explique Benjamin Abtan. Qui pointe également "le soutien politique dont bénéficie en France Eric Zemmour, condamné pour 'provoction à la haine raciae' "

"C'est la première fois que la société civile se mobilise ainsi au niveau européen. Cette action est en soi un succès", se félicite cependant Benjamin Abtan. "Mais, il y a une déconnexion entre la société civile et les politique". L'EGAM demande donc un soutien plus clair du Parlement et de la Commission européenne.

Les associations souhaitent aussi que les Etats reconnaissent le testing comme une preuve à part entière de pratiques discriminatoires devant un tribunal pénal. Aujourd'hui, seule la France et la Belgique l'acceptent.
 


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