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Irlande: le pays des maisons fantômes

lundi, 7 mars, 2011 - 09:53

Leur nombre n'est pas encore connu précisément, mais le phénomène lui est tristement célèbre en Irlande. Les "ghost estate" ont fleuris un peu partout à travers le pays: des logements construits en nombre et aujourd'hui simplement abandonnés.

Un fonds de 5 millions d'euros a été mis à disposition des autorités locales, par le dernier gouvernement pour régler le problème des "ghost estate". Des complexes immobiliers construits dans les années 2000 et aujourd'hui abandonnés, souvent mal ou pas entretenu. Ils ont été estimés à près de 2800 par un rapport du Ministère de l'Environnement en octobre dernier. Cela n'inclut pas les 20000 chantiers qui n'ont jamais été terminés et les 23000 maisons terminées mais inoccupées. Ces nombres d'habitations "fantômes" sont toujours des estimations. Mais un audit en cours devrait rendre ses conclusions l'été prochain.

L'insalubrité guette

Dans le courant du mois de février, un autre rapport montre que près de 400 bâtiments abandonnés sont vétustes à deux doigts de s'effondrer. Les développeurs immobiliers ont tout laissé en l'état, et ont pour la plupart disparus dans la nature ou sont injoignables.

Et ces constructions dangereuses n'épargnent aucune région en Irlande, même les agglomérations du Nord et du Centre du pays sont touchées. L'exemple du comté de Leitrim, à la frontière de l'Irlande du Nord, est le plus flagrant. Il s'agit du moins peuplé de tout le pays, et pourtant il compte 13 "ghost estate", considérés comme dangereux. Un de plus qu'à Dublin.

Les restes du Celtic Tiger

Car ces complexes immobiliers ont été construits un peu à tort et à travers pour faire face à un afflux de travailleurs venant de toute l'Europe depuis le début des années 90. Et le marché de la construction a continué de s'emballer la décennie passée, à l'époque de la croissance à deux chiffres en l'Irlande. C'est ce qu'ils ont appelé la "property bubble". A cette époque, les constructeurs et les développeurs immobiliers parvenaient facilement à obtenir des prêts des banques irlandaises et des autorisations de responsables politiques pour construire d'importants complexes immobiliers.

Souvent construites à bas prix, par des ouvriers venus d'Europe de l'Est, le nombre de constructions n'étaient plus du tout en rapport avec la demande. Leitrim, par exemple, a connu un surplus de logement allant jusqu'à 400 %. Selon les calculs de la BBC, le comté aurait eu besoin de 590 logements pour faire face à la hausse de la population entre 2006 et 2009. 2945 maisons ou appartements sont sortis de terre. Aujourd'hui, la crise est passée par là, la bulle a explosée. Et devant le manque de moyens pour les constructeurs, et les loyers trop élevés pour les locataires, ces complexes ont simplement été abandonnés.

Rembourser la dette des banques

Certains journaux, notamment thejournal.ie, ont lancé des sondages pour savoir ce que les Irlandais feraient de ces "ghost estate". Plusieurs solutions sont proposées, celle qui arrive en première position dans les commentaires des internautes est la transformation de ces maisons en logements sociaux. C'est ce qui devrait arriver à 20 % de ces bâtiments, si l'on en croit l'annonce de l'ancien ministre du logement, Michael Finneran, en octobre dernier.

L'idée de les revendre pour aider à rembourser la dette des banques est également mentionnée. Mais pour une majorité des 350 "ghost estate" vétustes, la seule solution est la démolition. Cela devrait coûter près de 14000 euros par bâtiment. Un investissement de taille pour certaines régions, comme celle de Cork, qui compte 53 logements dangereux.




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