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L’Italie, terre de chrétienté

lundi, 7 mars, 2011 - 12:07

Les rapports entre l’Eglise catholique et l’état italien sont singuliers dans le paysage européen dû à l’évident rapport historique et de "voisinage" entre Rome et la Cité du Vatican.

Les liens entre l'Etat et l'Eglise catholique ont pris leur forme moderne avec les Accords de Latran du 11 février 1929 signés par le cardinal Gasparri, secrétaire d'État, et Mussolini. Ils ont mis fin aux longues années de luttes entre les deux pouvoirs, initiés par la conquête des états pontificaux par l’armée italienne en 1870.

Latran, Concordat, etc…

Ces accords incluaient le Concordat qui faisait de la région catholique la religion d’Etat. Avec l’avènement de la première République italienne, la Constitution de 1948, à travers son Article 7 affirme la séparation de l’Eglise et de l’Etat sur le modèle de la loi française de 1905 mais n’annule pas les principes du Concordat.

En 1984, un nouveau concordat est négocié: le statut de religion d’État de l’Église catholique est abandonné. En revanche, il affirme que:

Les principes du catholicisme font partie du patrimoine historique du peuple italien".

Dans les faits, la séparation n’est pas aussi tranchée: les actes d'état civil religieux, comme le mariage par exemple, continuent d'être reconnus civilement en Italie, et l’enseignement de la religion catholique est maintenu dans les écoles.

Culture, histoire et politique

Les questions qui touchent à la religion sont toujours très complexes en Italie. Elles touchent l'ensemble du monde politique et les partis de gauche comme des droite ont des ailes "catholiques". Seul le parti radical et les communistes se présentent comme ouvertement "athées".  Aux dernières élections, le journaliste et homme politique Giuliano Ferrara a présenté un nouveau parti, "Aborto? No, grazie" (L'avortement? Non merci) et a reçu l’assentiment du Pape. L'idée de ce représentant de l'intégrisme catholique était de présenté un moratoire contre l'avortement. Il n'a cependant recueilli que très peu de suffrages.

Sur un autre plan, les rapports financiers entre le Vatican et l’état italien sont également fort complexes: de 1999 à 2004, la bataille juridique autour des factures de l’eau du Vatican l'a montré. L’ACEA, la "Générale des eaux" italienne a réclamé plus de 2,5 millions d’euros de factures d’eau impayées par le Vatican, qui de son côté a refusé de mettre la main au porte-monnaie, avançant l’article 5 des Accords de Latran, selon lequel:

L'Italie pourvoira, par les accords nécessaires avec les organismes intéressés, à ce que la Cité du Vatican soit assurée, en propriété, d'une dotation adéquate d'eau".

La loi financière votée en 2004 a tranché: c'est l'Etat, donc les contribuables, qui a doit payer pour les douches du Vatican.

Retour au dossier: les rapports ambigus entre les Eglises et les Etats


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