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La Sainte Trinité garante de la démocratie grecque

lundi, 7 mars, 2011 - 11:20

Pas de séparation de l'Eglise et de l'Etat en Grèce. C'est une conséquence de l'histoire dans les Balkans, où c'est l'église orthodoxe qui gérait la population grecque (Etat civil, justice, éducation, ...), comme dans tous les millets de l'empire ottoman (5 siècles d'occupation). D’où cette opinion que l'identité nationale repose sur l'orthodoxie.

La population grecque est à 98 % chrétienne orthodoxe. L'orthodoxie est "religion dominante" selon l'article Premier de la constitution grecque, laquelle est promulguée "au nom de la simple et indivisible Trinité". L'Église orthodoxe grecque a pratiquement le statut d'une Église d'Etat.

La religion dominante en Grèce est celle de l'Eglise orthodoxe orientale du Christ" précise la Constitution. 

Les députés doivent prêter serment de fidélité à la patrie et à la démocratie au nom de la "sainte et indissoluble Trinité". Depuis toujours, des icônes ornent la plupart des administrations publiques… Les Popes et tout le personnel de l'Église sont payés sur les fonds publics. L'instruction religieuse est au programme dans toutes les classes et fait l'objet d'une épreuve lors de l'examen de fin d'études. Les années scolaires commencent par une bénédiction. Les autres confessions sont définies comme des"cultes étrangers".

Depuis une trentaine d'années, les Grecs ont néanmoins fait bouger les choses et obtenu certaines avancées du point de vue de la laïcité:

  • Le mariage civil a été reconnu en 1982
  • La mention de la religion sur la carte d'identité a été supprimée le 1er janvier 2001.
  • L'obligation des cours de religion orthodoxe a été levée en août 2008.
  • Projet d'instauration de funérailles civiles, d'un serment civil pour les élus…

Un moine devant un monastère orthodoxe du Mont Athos

Par ailleurs, plusieurs débats sont en discussion en ce moment, car après les scandales politico-financiers touchant le milieu religieux (monastère du Vatopaidi du Mont-Athos notamment), l’aura des institutions religieuses est en berne. Mais le chemin vers la laïcité est encore loin, car l’Eglise orthodoxe, premier propriétaire foncier du pays, possède une force de frappe et une influence incontestables.
La présence de plus en plus visible d'autres religions (émigrés, minorités, …) questionne de plus en plus la société grecque. Mais depuis 1981, toutes les (timides) tentatives de débattre sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat ont avorté.

Le PASOK (Parti socialiste), aujourd'hui au pouvoir, avait inscrit cette séparation à son programme, mais il a dû rapidement faire machine arrière.

 

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