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Les « nonnes millionnaires » fraudeuses du fisc ?

jeudi, 10 mars, 2011 - 14:57

Non, ce n'est pas le scénario du prochain film de Pedro Almodóvar. Et pourtant, tous les ingrédients sont là: un huis clos de femmes, un couvent aragonais, des nonnes richissimes et un mystérieux cambriolage…

C’est le feuilleton policier du moment en Espagne: le 28 février, dans le paisible couvent Santa Lucía de Saragosse en Aragon, 1,5 millions d’euros sont dérobés. La somme en liquide, composée principalement de billets de 500 euros fourrés dans des sacs en plastique, était cachée au fond d’une armoire dans le secret d'un couvent cistercien, habité par seize religieuses.

Les soeurs nous ont appelés le 28 février, vers 7h30 du matin, pour signaler que plusieurs portes du couvent avaient été fracturées et qu'une importante somme d'argent avait disparu", a déclaré la police de Saragosse.

Seules les portes menant à la fameuse armoire ayant été forcées, la suspicion plane sur l’entourage du couvent. Mais pour l’instant, aucune des nonnes ne semble être dans le collimateur des enquêteurs. L’avocat des religieuses affirme qu’elles venaient de tirer l’argent à la banque. Y aurait-il eu des fuites parmi elles ?  

Vœu de pauvreté…

Au-delà du cambriolage en soi, le montant dérobé interroge. Comment des religieuses ont-elles pu amasser 1,5 millions d’euros ? Des "économies de quarante ans", ont allégué les habitantes du couvent… avant de changer de version. Finalement, ce ne sont plus 1,5 millions mais 450 000 euros qui ont été volés. "Un malentendu", a expliqué l’avocat, qui affirme que ses clientes n’ont jamais parlé d’1,5 millions d’euros.

Cette somme est tout simplement issue de leurs activités – comme la reliure – et de la vente des œuvres d’une des leurs, Isabel Guerra, connue comme la "nonne peintre" (la monja pintora). Pas si aberrant puisque les toiles réalistes de la religieuse se vendent parfois à plus de 40 000 euros. Mais que comptaient faire de cet argent fraîchement extrait de leur compte en banque les "nonnes millionnaires", comme les appelle la presse? Charitables, les bonnes dames prévoyaient d’en distribuer une partie en aumônes affirme leur avocat.

Quoi qu’il en soit, l’administration fiscale, prosaïque, s’apprête, toujours selon la presse, à vérifier si les religieuses sont dignes de foi… Fraudeuses fiscales, les nonnes millionnaires ?


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