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Kristina Schröder: ministre et future mère de famille

samedi, 12 mars, 2011 - 15:14

Première ministre allemande en exercice à être enceinte, Kristina Schröder, 33 ans, ministre de la Famille, veut faciliter le travail de femmes. Mêlant vie publique et politique, sa grossesse est un test pour juger de l’efficacité de sa politique. 
5ème portrait de la série que Myeurop consacre, toute la semaine, aux femmes qui ont marqué l'année.

La benjamine du gouvernement allemand est passée de la parole à l'acte: la ministre de la Famille est aujourd’hui enceinte, dans un pays où mère de famille et femme active est toujours considéré comme quasi-inconciliable. A 33 ans,  Kristina Schröder a repris le flambeau de Urusula von der Leyen qui avait occupé ce même portefeuille avant de devenir ministre du Travail. Elle avait mené une politique familiale aux antipodes des positions de son parti en favorisant, notamment, le développement des crèches et en instituant un "salaire parental".

Kristina Schröder veut, à son tour, faciliter le retour à l’emploi des jeunes mères. En Allemagne, en particulier dans l’ex-Allemagne de l’Ouest, les femmes qui mettent leur enfant trop tôt à la crèche sont des "mère corbeau" qui font "couver leur progéniture par le collectivité. C’est la première fois qu’une ministre en exercice attend un enfant. Sa grossesse, dont elle a jalousement préservé le secret pendant les 4 premiers mois, est  déjà la plus médiatisée d’Allemagne. Va-t-elle partager son congé maternité avec son mari, Ole Schröder, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, comme le permet maintenant la réforme von der Leyen ? Allaiter ses enfants ? Sans l’avoir vraiment choisi, Kristina Schröder est devenue l’incarnation de sa propre politique.

"Ce n'est pas un problème"

Elle devra redéfinir les frontières entre vie privée et vie publique dans un pays où la maternité est encore sacralisée. " Je n’ai jamais pensé qu’une ministre de la Famille devait être un exemple pour tout le pays", affirme-t-elle pourtant.  "Il n’y a rien de bien excitant, je ne suis pas la première femme à attendre un enfant". Au mois de novembre 2009, quand Angela Merkel lui propose le ministère de la Famille, elle n’élude pas la question. "Je lui ai dit que les invitations à mon mariage étaient lancées, et que j’espérais avoir un enfant".  "Ce n’est pas un problème" lui  aurait répondu la Chancelière.

D’après René Pfister, de l’hebdomadaire Spiegel, l’image d’une jeune ministre  enceinte, puis, demain,  mère au travail est une aubaine pour un gouvernement Merkel , notamment pour  l'austère Chancelière.  "En ce moment, Merkel a besoin de l’image positive de son ventre plus que de sa politique" analyse-t-il. De quoi exaspérer l’ambitieuse benjamine du gouvernement. Originaire de Wiesbaden, Kristina Schröder a étudié la sociologie et l’histoire avant de se lancer en politique. Elle appartient à ce qu’on appelle la "connection Pizza", pour désigner la frange de la CDU qui tente de se rapprocher des Verts.

Erreur de casting?

En novembre 2010, elle a croisé le fer avec la féministe Alice Schwarzer, fondatrice du magazine Emma, à qui elle a déclaré ne jamais, ô grand jamais vouloir être féministe. " Je pense que les féministes ont tout simplement oublié que le couple et les enfants produisent du bonheur " a-t-elle affirmé. Réponse de la vieille routière du combat des femmes. Vous feriez mieux de vous occuper vraiment des différences de perspectives professionnelles, de formation et de salaire entre homme et femme. Et d'ajouter:  "Je pense que vous êtes simplement une erreur de casting. Sans rémission. Peut être devriez vous vous occuper une fonction d’attachée de presse ? Pour ces fédérations d’hommes vieux ou jeunes, de droite et conservateurs, pour vos sympathisants".

Après s’être battue pour faciliter  le travail des femmes, Kristina Schröder doit éviter de devenir un simple symbole. 




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