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Renaissance d’un palace londonien d’une luxueuse folie

vendredi, 25 mars, 2011 - 11:22

Plus de dix ans après le lancement du projet, le promoteur immobilier Harry Handelsman a ouvert à Londres l’hôtel cinq étoiles Renaissance St Pancras, mitoyen de la gare d’Eurostar. Le programme, colossal, et d'un luxe inouï, aura coûté plus de 645 millions d’euros. Visite guidée de ce palace so british.

Harry Handelsman explose de rire. "Je suis maintenant totalement ruiné donc il va falloir que le responsable de l’hôtel remplisse mes poches !" Il sourit à sa boutade, mais il est aujourd’hui confronté à son pari phénoménal: rentabiliser un établissement dont le projet de rénovation entamé il y a treize ans, aura coûté 550 millions de livres sterling (645 millions d’euros). Officiellement.

"J’ai donné ce chiffre car il fallait bien en donner un", poursuit le promoteur immobilier. "Mais l’explosion du budget s’est avérée stratosphérique, il a triplé depuis le lancement du projet et il est donc supérieur à cette somme."

 

Success story

Cet homme de 60 ans, né en Allemagne de parents Polonais, a passé sa jeunesse en France et en Belgique, a étudié au Canada avant d’entamer sa carrière aux Etats-Unis puis de débarquer au Royaume-Uni, en 1987. Il se lance cinq ans plus tard dans la transformation d’appartements en loft, une démarche quasi inédite de ce côté de l’Atlantique, et lance sa société Manhattan Loft Corporation. Le succès est immédiat.

En 1998, il est ainsi approché pour participer à un consortium destiné à rénover les vingt-quatre appartement situés au-dessus de l’ancien hôtel Midland Grand, situé le long de la gare de St Pancras, achevé en 1873 et fermé depuis 1935.

Loft story

Mais ses partenaires se rétractent rapidement  et, avec le groupe Mariott, il se charge de la rénovation de l’ensemble du bâtiment. Pour le financer, Harry Handelsman obtient de construire quarante-trois lofts supplémentaires. S’il assure que tous (sauf un) ont été vendus sur plan dès 2005, sur les registres de la ville de Londres on ne trouve trace que de 44 ventes enregistrées en 1999.

So british

L’hôtel comprend 245 chambres, dont 39 suites, une proportion plus importante que la normale. L’aile d’origine de l’immeuble, méticuleusement rénovée, est absolument magnifique.

"Le travail effectué ici est juste incroyable", assure Royden Stock, présent depuis le début du projet. "British Rail, qui avait utilisé certaines pièces de l’hôtel en guise de bureaux, n’a pas vraiment respecté son caractère. Les murs avaient été repeints en blanc avec des faux plafonds partout, certaines pièces essentielles de décoration avaient été cassées. Nous avons donc dû gratter, repeindre, polir et remplacer afin de nous rapprocher au mieux des lieux d’origine."

Le site est, en effet, classé parmi les "édifices d’intérêt exceptionnel, parfois considérés comme étant internationalement importants", et les critères de rénovation se sont avérés draconiens.              

Papier peint… à la main

L’accès aux étages se fait via un escalier majestueux à la superbe rambarde en acajou. Les tapis sont découpés sur mesure, les plafonds et papiers peints réalisés à la main par des artisans britanniques, et toutes les pierres ont été récoltées dans le pays – à l’exception du marbre.

"J’étais très étonné de trouver des artisans ayant encore la connaissance des techniques de ce type de rénovation, surtout que jusqu’à 700 ouvriers ont travaillé en même temps ici", explique Harry Handelsman.


Crazy

Preuve de l’attention – à la limite de la folie – portée aux détails, le papier peint à la main orné de feuilles d’or de l’une des principales suites a coûté 47 000 livres (55 000 euros), et sa pose, la bagatelle de 12 000 livres.


Pour profiter de l’une de ces suites, les clients devront débourser de 650 à 10 000 livres par nuit, et entre 275 et 450 livres pour une chambre "normale", la plupart situées dans la nouvelle extension. En bonus, ils pourront profiter d’un accès direct à la gare St Pancras, avec qui l’hôtel partage ses murs, et… les tremblements engendrés par l’arrivée des Eurostar venus de Bruxelles et Paris.

Photos de Marine MARCK


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