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La scène berlinoise s’invite à Paris

jeudi, 31 mars, 2011 - 12:06

La Gaîté Lyrique présente "Berlin Next !", un voyage au cœur de la capitale allemande, la ville européenne en vogue. Les performances artistiques qui s’enchaînent dressent un tableau novateur en alliant l’influence des minorités russes et turques à la réputation déjà assise de capitale de l’électro.

Un mois après sa réouverture en mars dernier, la Gaîté Lyrique, le nouvel espace parisien voué à la culture numérique et contemporaine, met Berlin à l’honneur. Pas vraiment étonnant. La capitale allemande séduit: quelques 10 millions de touristes se sont aventurés dans l’antre de l’ours blanc (l'emblème de la ville [NDLR]) en 2010. La ville est officiellement à la mode.

A la fois historique et avant-gardiste, la culture berlinoise charme ceux qui y goûtent. Il faut dire que sa mixité est savoureuse. De fait, dans l’offre culturelle du moins, le "Multi-Kulti" fonctionne bien. Avec une programmation éclectique mêlant Ostalgie, influence turque, et électro, la Gaîté Lyrique offre au cours de la semaine "Berlin Next !", un voyage tant auditif que visuel au cœur de la scène berlinoise.

Metissages envoûtants

Elue "capitale de l’électro" à l’unanimité par la presse spécialisée, les DJs, ainsi que les clubbeurs, Berlin a surtout réussi cette prouesse grâce à sa techno minimale. C’est donc en toute logique que le bal a été ouvert lundi par l’un des maîtres en la matière, Pantha du Prince. Récompensé par le prix des critiques lors de la Cérémonie des Echo à Berlin le 24 mars dernier, le DJ a présenté au public l’univers envoûtant, quasi organique et très prégnant, de son dernier album enregistré au beau milieu des Alpes suisses en utilisant, entre autres, directement les sons qui l’entouraient.

Pantha du Prince – Black Noise

Samedi 2 avril, la gaîté lyrique présente The other side, le film documentaire sur Berlin réalisé en 2007 par l’icône allemande Ellen Allien. La DJette fait découvrir au spectateur son Berlin, entre magasins de vinyles et quartier bobo de Prenzlauerberg. Cette projection sera suivie de celle de Villalobos, le dernier né de Romuald Karmakar qui refermera sa trilogie sur la culture électronique. En consacrant ce film documentaire à Ricardo Villalobos, DJ chilien résident à Berlin, le réalisateur montre bien que ce qui fait la richesse de la culture berlinoise, ce sont ses métissages.

Ellen Allien à Montpellier en 2006

Entre orientalisme et ostalgie

Berlin, dont l’architecture peut difficilement faire oublier le passé, est aussi la ville où l’Ostalgie est désormais plus un accessoire de mode qu’un sentiment profond. Reine du vintage, la ville croule sous les échoppes de produits "made in DDR", une niche bien comprise par l’écrivain Vladimir Kaminer. Berlinois depuis vingt ans, l’ensemble de son œuvre est axé sur sa relation entre sa ville d’adoption et son pays d’origine, la Russie. Au fil des années, Vladimir Kaminer est devenu DJ (lui aussi) et inventeur d’un nouveau style : le "Russendisko". Pendant quelques années, il offrait un cocktail de Balkanbeats aux habitués de l’institution du quartier anciennement à l’Est de Kaffee Burger. Les visiteurs de la Gaîté Lyrique se baladeront jeudi soir à ses côtés grâce à ses photos et au rythme de sa musique.

La minorité turque sera aussi représentée, en la personne de Ipek Ipekcioglu. Militante et fondatrice des soirées "Eklektik Berlinistan", DJ Ipek démontre à chaque reprise dans les nombreuses villes européennes où elle est invitée que le "multi-kulti" n’est pas seulement possible mais indispensable pour le bon fonctionnement de nos sociétés.

En alliant l’utile à l’agréable, la Gaîté Lyrique offre donc une leçon de savoir-faire et de savoir-vivre du 29 Mars au 3 Avril.


Informations pratiques :
"Berlin Next !" à la Gaîté Lyrique du 29 mars au 3 avril
Billets entre 2 et 24 euros

www.gaite-lyrique.net

3 bis rue Papin
75003 Paris


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