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Berlusconi, basta!

mercredi, 6 avril, 2011 - 16:42

En pervertissant la démocratie de son pays en utilisant une majorité de députés aux ordres pour tenter de changer la loi afin d'éviter, pour la dixième fois, le glaive de la Justice, Silvio Berlusconi ridiculise son pays sur la scène internationale et par ricochet, le modèle démocratique européen. Basta!

Les frasques du chef du gouvernement italien sont, tout au plus, pitoyables. Un vieux beau milliardaire qui fait appel à de jeunes prostituées de luxe pour donner un peu de piment à sa vie de septuagénaire, ce n'est pas très original. C'est néanmoins plus surprenant quand on dirige un pays de l'Union européenne.

Une dizaine d'affaires judiciaires

Outre-Atlantique, un Président a, lui, aussi, eu quelques déboires pour avoir mélangé sexe et pouvoir. Mais sa faute jugée impardonnable est d'avoir menti comme un gamin en affirmant ne pas avoir eu "une affaire sexuelle" (sic) après avoir laissé des preuves tangibles de son émoi sur la robe de la demoiselle. En comparaison, les démêlés du Cavaliere avec la Justice de son pays, c'est du lourd, du beaucoup plus lourd.

Depuis son entrée en politique, il y a une petite vingtaine d'année, Silvio Berlusconi a survécu à une dizaine d'affaires judiciaires dans lesquelles il a été successivement accusé de corruption, prévarication, abus de pouvoir… et maintenant d'incitation à la prostitution de mineure. La totale.

Le Phénix

Mais le Président du Conseil dispose d'une redoutable capacité à faire face: avec un parfait cynisme, il use et abuse de sa position de chef du gouvernement et fait adapter les lois par sa majorité à la Chambre pour rendre légalement caduques les accusations à son encontre.

Et, alors qu'à chaque fois, on pense que trop, c'est trop, qu'il ne pourra pas s'en sortir, que la Justice triomphera, le Phénix Berlusconi renait et se pose en victime d'une cabale incessante de juges pervertis qui veulent sa fin pour des raisons politiques.

La corde est énorme, et bien que s'usant au fil du temps, reste solide. Bon nombre d'Italiens restent convaincus que Berlusconi n'est, certes, pas blanc-bleu, mais qu'il mérite, sinon le pardon, au moins leur indulgence!

Berlusconi fait ses propres règles

Dernier épisode judiciaire en date: lors de l'ouverture du procès "Rubygate" aujourd'hui à Milan qui s'annonçait, cette fois, particulièrement difficile pour le Cavaliere, il n'y avait personne sur les bancs de la Défense et sur celui de l'accusé: le chef du Gouvernement s'est contenté d'envoyer une lettre au Tribunal pour excuser son absence du fait de ses "engagements institutionnels".

Le procès a été renvoyé au 31 mai. Un délai suffisant pour tenter de bloquer une nouvelle fois la procédure judiciaire en changeant les règles du jeu. La Chambre des députés vient ainsi d'adopter une motion soulevant "un conflit d'attribution". Ce ne serait pas au Tribunal de Milan de juger. Mais avant que la bonne juridiction ne soit choisie, les avocats de Berlusconi pensent que beaucoup d'eau aura coulé sous les ponts du Tibre.




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