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Attentats: l’extrême-gauche active en Grèce

vendredi, 22 avril, 2011 - 16:01

Attentats en 2010 (ratés, déjoués, réussis)

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Le nombre d'attaques terroristes en Europe a fortement baissé l'an passé: Europol a enregistré 239 actes en 2010, contre 294 en 2009. La majorité reste imputée aux séparatistes (ETA surtout), mais la police européenne note surtout une montée des violences liées à l'extrême-gauche. En particulier en Grèce.

L'Union européenne a subi, en 2010, bien moins d'attaques terroristes qu'en 2009. D'après Europol, qui vient de publier son rapport sur le terrorisme, le nombre d’attentats n’a cessé de baisser depuis 2007. Il y a eu 587 attaques effectives et avortées en 2007, 441 en 2008 et 294 en 2009. Et 239 en 2010.

Cette tendance s'explique en grande partie par la baisse considérable du nombre d'attaques terroristes de la part des séparatistes – au premier rangs desquels ETA – qui commettent la majorité des actes violents en Europe: de 532 en 2007, on passe à 160 en 2010. 

L'Espagne et la France sont les deux pays de l'Union les plus touchés : 90 et 84 actes y ont été respectivement répertoriées. "Bien que le nombre d'attaques commises par des groupes terroristes séparatistes ait diminué, la menace venant de ces groupes ou d'autres groupes reste considérable", a déclaré Rob Wainwright, le directeur d'Europol, cité dans un communiqué.

Trois attentats islamistes

Les attentats islamistes enregistrent une très légère hausse, passant de 1 en 2009 à 3 l'année dernière. Le nombre d'arrestations est, lui, plus significatif : 179 en 2010 contre 110 en 2009. Paris, avec 94 interpellations de personnes liées au "terrorisme islamiste", arrive très largement en tête des pays européens

De plus en plus de ces terroristes islamistes qui visent les Etats membres agissent de l'intérieur de l'Union, précise le rapport. Il s'agit "d'acteurs solitaires dotés de la citoyenneté européenne". Les "djihadistes de retour des zones de conflits continuent de représenter une menace (…). Ils reviennent avec des contacts spécifiques, des compétences et un modus operandi", note Europol.


Afficher Les attentats en 2010 sur une carte plus grande – Florian Tixier / MyEurop.info

Si Europol se concentre sur les séparatistes et les islamistes, la police européenne note également une une augmentation du nombre d’attentats menés par des groupes anarchistes "révolutionnaires, anticapitalistes et anti-autoritaires" et une violence accrue : 21 attentats en 2007, 28 en 2008, 40 en 2009 et 45 en 2010. En trois ans, les actes terroristes des extrêmistes de gauche ont plus que doublés.

La moitiée des actions attribuées à l'extrême-gauche se sont produites en Grèce. A l'occasion du procès des membres présumés des "Conspiration des cellules de feu", jugés pour plusieurs attentats commis depuis 2008 – notamment l’envoi de colis piégés à plusieurs ambassades, ainsi qu’au président de la République française et à la Chancelière allemande -, la correspondante de MyEurop à Athènes nous avait présenté cette mouvance. Nous reproduisons ci-dessous une partie de son analyse.

(De nos archives) Ce procès n’est que le dernier en date d’une longue série. Depuis quelques années, les violences étiquetées comme "terroristes" par les autorités se multiplient. Et le groupe "Conspiration des cellules de feu" n’est que la énième version d’une tradition anarchiste qui se veut l’héritière de la lutte estudiantine contre la dictature.

Héritiers de la lutte contre la dictature

En novembre 1973, en pleine junte des colonels, le Polytechnion (Université d’excellence) a abrité la première manifestation massive de résistance contre le régime militaire. Les étudiants, revendiquant "du pain, de la liberté et de l’éducation", ont été rejoints par la population. La répression a été féroce : les tanks de l’armée ont défoncé les barrières de la faculté, faisant de nombreux morts. Neuf mois plus tard, la dictature était renversée.

Tous les groupes d’inspiration anarchiste s’inscrivent dans cette lignée. Le plus célèbre d’entre eux, le groupe du "17 novembre", a incarné la dérive terroriste de cette tradition. L’arrestation de ses dirigeants, suivie d’un long procès avait aussi donné lieu à de hautes mesures de sécurité. D’autres groupes, comme l’ELA ou la "Conspiration des Cellules de feu" ont pris la relève.

Pas un jour sans dégâts matériels

Mais, c’est depuis décembre 2008, date à laquelle le jeune Alexis Grigoropoulos a été assassiné par un policier – finalement condamné à une lourde peine – que le climat s’est vraiment tendu dans la capitale grecque, tout comme dans le reste du pays. La semaine de manifestations très violentes qui ont suivi ce meurtre, mettant le centre-ville à feu et à sang, a été le point de départ d’actions quasi quotidiennes.

Pas un seul jour sans que n’éclate dans un ministère, une banque, une chambre de commerce (le dernier en date, la gréco-chinoise), ou encore devant l’ambassade américaine, un engin incendiaire occasionnant d’importants dégâts matériels.

Ces "gazakia", comme les surnomme les Grecs, sont tellement devenus monnaie courante qu’il faut qu’il y ait mort d’homme pour que les journaux en parlent. Comme l’assassinat en juin dernier d’un journaliste, tué à bout portant ou celui, il y a quelques mois, du chef de la sécurité du ministre de l’intérieur, par l’explosion d’un colis piégé, parvenu sans encombre directement dans le bureau du ministre.

Hydre de Lerne

Toute cette mouvance est de plus en plus présente dans la vie du pays, avec des membres présumés de plus en plus jeunes. A chaque fois qu’un groupe est décapité, il renait, tel l’Hydre de Lerne, sous une autre forme. Et demeure un mystère insondable pour les observateurs politiques ou les sociologues. Aucun gouvernement, ni celui conservateur de la Nouvelle Démocratie, ni celui actuel du PASOK n’a réussi à circonscrire le phénomène.

De nombreuses questions se posent sur l’identité, les motivations, les financements et les alliances de ces différents groupes. La vitalité sans cesse renouvelée de ce que l’opinion publique surnomme les "connus-inconnus" fait s’interroger aussi sur leurs liens troublants avec le pouvoir.

Attitude compréhensive

La situation générale du pays, mélange explosif de crise économique et suite sans fin de scandales politico-financiers, aggravée par le plan de rigueur drastique qui lamine les couches moyennes, explique en partie que la population exprime de façon non voilée, si ce n’est une adhésion, du moins une attitude compréhensive vis-à-vis de cette mouvance.

Surtout quand elle s’exprime de façon plus créative avec l’action des "Robin des gondoles", des bandes de jeunes gens qui pillent les supermarchés et distribuent les denrées à tous les clients, en signe de protestation contre la vie chère et la corruption du système.




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