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Dure semaine sainte pour les Roms de Rome

mardi, 26 avril, 2011 - 14:51

Alors que la capitale italienne se prépare à recevoir un grand afflux de pèlerins venant assister à la béatification de feu le pape Jean Paul II le 1er mai prochain, les démantèlements des camps Roms continuent. Une centaine d'entre eux avaient trouvé refuge dans une basilique sainte du Vatican.

L'administration romaine multiplie les démantèlements de camps Roms dans la capitale: après ceux situés sur les quais du Tibre, de San Paolo à Via Severini, et dans la zone du bâtiment l’Ex Mira Lanza, 270 personnes ont été expulsées, mercredi, du terrain qui les accueillait à Via del Flauto.

Pour dénoncer la démolition de leurs camps de Casal Bruciato, un groupe de 100 Roms a décidé une occupation pacifique de la basilique de San Paolo, l'une des 4 basiliques saintes de Rome. Une tentative soldée, mardi 26 avril, par un accompagnement des familles dans un centre Domus de la Caritas, association caritative catholique.

Séparation des familles

La municipalité romaine a proposé de nouvelles colocations pour les femmes et les enfants dans le Centre d’assistance aux réfugiés, le CARA de Castelnuovo di Porto. Pour les hommes, aucune solution efficace. Cette séparation est, pour la Communauté Sant’Egidio, absolument inacceptable :

Aucune famille ne veut se diviser –faut-il rappeler que les familles Roms sont formées de personnes, mères, pères et enfants et qu’à aucun citoyen non-Rom, il serait proposé la division des nucléo familiales comme politique de sécurité et d’intégration ?

"Il n'y a plus de place"

L’administration du maire de droite, Gianni Alemanno, défend son action. Dans une interview au journal Libero, lundi 25 avril, il explique: "les Roms doivent comprendre que Rome est en overbooking, il n’y a plus de place". Des déclarations en écho aux débats sur l’immigration et à une réécriture des accords de Schengen proposée par le ministre de l’Intérieur de la Ligue du Nord, Roberto Maroni.

Il demande aussi aux associations catholiques de baisser le ton :

Basta aux bons sentiments, beaucoup de nomades ne sont pas dans les conditions désespérées que Sant’Egidio imagine. Pour beaucoup d’entre eux, vivre dans une baraque n’est pas une choix dicté par le désespoir mais plutôt par un calcul économique.

Sur le terrain, ce sont pourtant les organisations catholiques qui recueillent cette semaine les 600 personnes à la rue à la suite des démantèlements. Pour le porte-parole de la Communauté de Sant’Egidio, active sur la question des Roms depuis plus de 30 ans et surnommée "l'ONU catholique", les actions menées par la municipalité au nom de la sécurité sont, en sus de leur immoralité, absolument contreproductives :

Les démantèlements continus des camps Roms et ce ‘jeu de l’oie’ sans solutions pour ces derniers, rendent encore plus difficile le suivi respect de la légalité pour les forces de l’ordre qui perdent le contact avec les familles.




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