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Duty free sous haute surveillance

lundi, 2 mai, 2011 - 09:29

Les passagers en provenance d'un aéroport extra-communautaire peuvent désormais conserver dans leurs bagages à main les liquides achetés en duty free dans le pays de départ. En théorie du moins. La Commission européenne "conseille" de différer l'application de cette mesure. Retour sur un micmac qui déboussole les passagers.

Il y a de quoi y perdre le Nord. Selon les nouvelles règles entrées en vigueur le 29 avril, les passagers aériens en transit dans l'UE peuvent désormais conserver dans leur bagage à main les liquides, aérosols et gels achetés dans l'aéroport d’un pays tiers ou à bord des avions non communautaires. Une décision que plusieurs Etats-membres envisagent de ne pas appliquer, pour des raisons de sécurité.

Dans un premier temps, le commissaire européen aux transports assurait qu'un report "pour l'instant" était hors de question. Changement de cap vendredi dernier: Sim Kallas "conseille" de différer l’allègement des restrictions "pour une période limitée".

Quelle attitude les passagers concernés vont-ils devoir adopter ? Impossible à dire. Ils risquent en fait de se retrouver face à des règles différentes en fonction de leur pays de transit en Europe.

Changement pour les voyageurs

Pour mieux comprendre l'origine de ce mic-mac, prenons un exemple: un passager décolle de Rio de Janeiro et son vol fait une escale dans un État membre. Compte-tenu des nouvelles règles, il devrait pouvoir conserver une bouteille d’alcool achetée en duty free dans l’avion ou dans l’aéroport brésilien. C'était jusque-là impossible.

Depuis 2006, les flacons de plus de 100 millilitres sont interdits à bord des avions circulant dans l'espace aérien européen. Sauf s’ils ont été achetés dans un aéroport ou un avion communautaire. Cette règle a par la suite été allégée: les passagers en provenance de tous les aéroports internationaux du Canada et des États-Unis, des aéroports croates ainsi que de celui de Changi à Singapour et de Kuala Lumpur en Malaisie sont eux aussi habilités à garder de tels liquides.

Harmonisation

Le nouveau règlement était censé harmoniser les règles pour tous les passagers en transit dans les pays de l’Union. Sans négliger les mesures de sécurité: les liquides, aérosols et gels doivent être placés dans un sac spécial, avec la souche d'achat, et subissaient un contrôle dans l'UE.

Un premier pas en vue de la mise en place d'un système de détection des liquides explosifs dans les aéroports communautaires permettant de lever entièrement l'interdiction des liquides fin avril 2013.

Volte-face

Mais, plusieurs États membres – la France, l'Italie et le Royaume-Uni notamment – ont fait part de leur intention de ne pas appliquer la mesure, se justifiant par des raisons de sûreté. Résultat: la Commission européenne a fait volte-face.

L’exécutif européen "conseille" finalement de ne pas lever les restrictions, "afin d'éviter une situation qui n'aurait pas facilité les voyages mais plutôt créé de la confusion chez les passagers" ne sachant pas s’ils pouvaient ou non voyager avec des liquides duty free.

L'association des compagnies aériennes européennes (AEA), qui se dit favorable à la levée des restrictions, estime que "le report est la moins mauvaise des solutions".

A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles

La situation vire à l'absurde. "Le règlement est en vigueur aujourd’hui", avance un porte-parole de la Commission. Ce qui signifie que les Etats membres sont tenus de lever les restrictions – à moins de justifier d'un impérartif de sécurité. Sauf que, dans le même temps, la Commission appelle à maintenir les restrictions. Comprenne qui pourra…

La Commission consultera les États membres et le Parlement européen au cours des prochains jours "pour trouver une solution", réitérant son souhait que les règles entrent en vigueur "aussi tôt que possible". Pas sûr que cela reste sa priorité avec l'élévation des niveaux de sécurité liée à la "menace terroriste" que les pays occidentaux craignent en réaction à la mort du leader d'Al Quaïda.


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