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A Dublin, branle-bas de combat contre la Reine d’Angleterre

lundi, 16 mai, 2011 - 12:30

La Reine Elizabeth II d'Angleterre visée par un attentat lors de sa visite en Irlande ? Alors qu'une bombe "en état de fonctionner" a été désarmocée hier soir dans un autobus de Maynooth, à 25 km de Dublin, cet événement prend une ampleur toute particulière tant chacun sait que la monarque n'est pas la bienvenue aux yeux des nationalistes, qui dénoncent une "provocation".

La guerre des symboles. C'est la première fois qu'un monarque britannique met le pied sur le sol irlandais depuis George V, en 1911. Alors que l'Etat irlandais s'apprête à une rencontre qualifiée d'historique, les nationalistes jouent avec le souvenir des souffrances de l'indépendance.

Pas de monarque britannique sur le sol "libre" d'Irlande, "Pas de commandant en chef de l'armée Britannique dans la ville de Pâques 1916", clament-ils un peu partout dans dans Dublin, rappelant l'insurrection réprimée dans le sang qui fut l'événement déclencheur de la révolution.

Depuis l'annonce de la date officielle du voyage de la Reine Elizabeth, Eirigi, un groupe politique républicain et socialiste, organise régulièrement des manifestations dans les rues de la capitale. Si gouvernement attend de cette visite royale "une amélioration supplémentaire dans les très bonnes relations entre l'Irlande et le Royaume-Uni", les Républicains demandent la réunification avec l'Irlande du Nord et le retrait des forces britanniques présentes en Ulster.

Insulte aux martyrs

Les militants font signer des pétitions à grand renfort de tractage. Sur le site Internet de l'organisation, un compte à rebours a même été installé décomptant les secondes avant que l'avion de la reine ne se pose en République d'Irlande.

Pour les Républicains qui n'acceptent pas la main mise de l'Irlande du nord par la couronne britannique, cette visite du chef d'Etat britannique est une provocation, voire une insulte. Pendant ses quatre jours de visite, la reine doit se rendre dans plusieurs lieux symboliques à Dublin. Des lieux qui portent encore les traces de souvenirs douloureux pour les Irlandais.

Dès son arrivée, mardi, la Elizabeth II ira fleurir les sépultures du jardin du souvenir, qui abrite les volontaires de l'IRA morts sous les balles britanniques. Des manifestants préparent un sit in pour empêcher que la reine ne rende hommage à leurs "martyrs de la République".

Croke Park et IRA véritable

Certains Républicains considèrent aussi la visite dans le stade de Croke Park comme une agression. Théâtre en 1920 d'une action punitive de la police britannique lors d'un match de football gaélique (14 morts, dont le joueur Michael Hogan) — le premier "Bloody sunday" de l'histoire irlandaise. Les sports britanniques, football et rugby, n'y ont été autorisés qu'en 2007.

Pour les anciens comme les plus jeunes, bercés aux récits des exploits des héros nationaux, ces "escales" sont très mal venues.

Plus grave, "l'IRA véritable" (Real Irish Républican Army), un groupe qui continue la lutte armée depuis que l'IRA a renoncé à la violence en 2005, menace de riposter en tuant des policiers britanniques en Irlande du Nord si la reine maintient sa visite.

Un membre de l'organisation a même menacé de mort la reine via Facebook, en postant qu'une "roquette lui était destinée à son arrivée".

Dispositif de sécurité

Ces menaces sont prises au sérieux par les autorités irlandaises, et encore plus par les autorités britanniques. Il y a plusieurs semaines, des officiers de la police anglaise ont enquêté tout au long du parcours de la reine. Coordonnées des riverains, évaluation de la vue sur la rue depuis les fenêtres des appartements… et la question fatidique : "Avez vous quelque chose à reprocher à la reine d'Angleterre ?"

Menaces réelles ou pas, les autorités seront sur le qui-vive et le centre de Dublin quasiment bloqué à la circulation.

Tout cela à un coût. Lepolitique éirigi ne manque d'ailleurs pas de le dénoncer. Ils estiment le coût de cette visite à 20 millions d'euros au total. En temps de crise, cet argument  touche la majorité des Irlandais, et pas forcément les plus patriotiques.




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