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Les universités britanniques trop chères en quête d’étudiants

jeudi, 19 mai, 2011 - 13:49

Trop cher! La liberté laissée aux universités britanniques d’imposer jusqu’à 9000£ de frais annuels d’inscription est dissuasive pour les étudiants. Le ministre de l'Education lui même craint que les amphis se vident à la  rentrée 2012. Il en est réduit à proposer de donner des iPad ou des ordinateurs pour attirer les étudiants.

L’accès aux universités britanniques va connaître un changement radical au cours de la rentrée 2012. Dans un entretien au quotidien The Independent, le ministre en charge de l’enseignement supérieur David Willets a reconnu que le triplement du plafond des frais annuels d’inscription à l’université à 9 000 livres sterling (10.200 euros) risquait d'être disuassif pour bon nombre d'étudiants. C'est pourtant sa famille politique, le parti conservateur, qui a mis en place cette mesure.

Renversement de situation

Du coup, la réforme pourrait avoir l'effet inverse de celui escompté. Pour ne pas voir leurs campus déserté par les moins fortunés, bon nombre d'universités pourraient limiter la hausse des frais d'inscription. Mieux vaut faire payer moins, mais à un plus grand nombre pour tenter d'équilbrer les comptes des facs qui ont vu leurs subventions fondre depuis l'arrivée de David Cameron au pouvoir, il y a un an. David Willets se veut pragmatique:

Nous verrons comment cela se déroulera, mais il est probable que de nombreuses universités devront réduire leurs frais d’inscription pour remplir leurs amphis"

Et pourquoi pas donner des ordinateurs ou des iPads pour attirer les étudiants, propose également le ministre.

Quant aux universités qui aplliqueront des prix élevés à l'entrée, elle devront en donner plus pour cet argent.

Je ne veux pas seulement voir les universités se concurrencer en disant qu’ici les frais sont de 8250£ alors qu’ils sont de 8750£ à côté, je veux les entendre dire des choses comme: il n’y aura pas plus de trente étudiants par séminaire" 

Un marché de l'Education

Les réactions du secteur universitaire n’ont pas tardé. Pam Tatlow, la directrice de Million+, un organe qui rassemble la fine fleur des polytechniciens britanniques, estime que "les universités ont été mises sur le marché par le gouvernement et il ne faut s’attendre à ce qu’elles utilisent de nombreux leviers pour s’assurer que la demande se maintient".

Elle craint par ailleurs que les étudiants attendent jusqu’au dernier moment pour postuler pour avoir les meilleures places au meilleur prix, quitte à risquer de n'être pris nulle part. Pour le vice-chancelier de l’université de Worcester , ce sont des idées "insensées et dangereuses [qui] créeraient la confusion parmi les candidats et dans l'ensemble de la société". Aaron Porter, le président du syndicat national des étudiants pense, quant à lui, que "les ministres prennent le risque de transformer l’université en une brocante qui entraînerait les étudiants et leurs familles dans une panique inutile et une iniquité grotesque". 

Et les étudiants dans tout ça ?

Pourtant, à ce jour, les Universités ne semblent pas décidées à jouer le jeu de la concurrence. Sur les 95 universités qui ont aujourd’hui annoncé le montant de leurs frais d’inscription, 65 d’entre elles, soit plus des 2/3, ont décidé d’imposer le tarif maximum de 9000£. Seulement une fera payer moins de 7500£ à ses étudiants.

Gareth Thomas, responsable de l’éducation au sein de l’opposition travailliste, appelle chacun à plus de discernement.

Les étudiants doivent pouvoir choisir la filière qui leur correspond, pas celle qui est au bon tarif. Vous ne pouvez pas considérer l’université comme des vacances sur Lastminute.com".


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