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Les Autrichiennes veulent rester au foyer !

mardi, 24 mai, 2011 - 10:49

L’émancipation des femmes a du plomb dans l’aile en Autriche. Une jeune Autrichienne sur deux souhaite être femme au foyer. En Allemagne, c'est tout le contraire: Kinder, Kirche, Küche -enfant, cuisine, église-, basta!

L'avenir de la femme, en Autriche? Etre une épouse attentionnée pour son mari. Comment? En restant au foyer pour élever les enfants, s'occuper des tâches domestiques, et préparer de bons petits plats pour l'homme de la maison. Simone de Beauvoir doit se retourner dans sa tombe.

Ce sont les conclusions d'une enquête initiée par le ministère de la famille. Polémique garantie. En quelques heures, les sites d'info relayant le résultat de ce sondage auprès des femmes de 14 à 24 ans, ont engendré un déluge de commentaires. Mais ce n'est pas tout: pour 60 % des jeunes femmes interrogées le mariage est jugé comme très important (contre 34 % chez les hommes qui sont toutefois 34 % à s’imaginer « homme au foyer »).

Les jeunes femmes autrichiennes rêvent de retourner derrière les fourneaux car elles estiment qu’au cours de leurs trois premières années, les enfants doivent être éduqués à la maison par les parents. Et comme elles sont 55 % à en désirer et 62 % d’entre elles à en vouloir deux, se mettre pour un temps en retrait du monde du travail est envisagé comme la meilleure solution.

Mais le meilleur compromis pour 85 % des femmes interrogées est un emploi à temps partiel pour compléter le revenu famillial.

Inégalités salariales et précarité

Commentant ce sondage, Reinhold Mitterlehner, le ministre de la jeunesse, a saisi la balle au bond, rappelant qu’il est temps de promouvoir le travail à temps partiel et de renforcer les allocations familiales. Pour les conservateurs, ce retour à la maison des femmes est une bonne nouvelle, car avec deux enfants par foyer l’Autriche pourrait retrouver une croisssance démographique, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui avec un taux de fécondité de 1,4, l'un des plus bas d’Europe …

Quand la moitié des femmes peuvent s’imaginer s’occuper de leur foyer sans rémunération et devenir dépendantes de maris bien payés, c’est qu’il y a un problème",

lui a répondu, inquiète, Tanja Windbüchler-Souschill, porte-parole des Verts sur les questions familiales.

Pour elle, ce sont avant tout les inégalités salariales entre hommes et femmes et le développement de la précarité de l’emploi féminin qui conduit nombre de jeunes femmes à vouloir rester au foyer.

L’Autriche à contre-courant

Dans un pays où le taux d’emploi des femmes de 15 à 65 ans est de 66,4%, ces évolutions sont en totale contradiction avec celles enregistrées en Allemagne où avec un taux d’emploi similaire – 66,2 % -, les femmes se disent prêtes à travailler davantage.

C’est d’ailleurs pour les encourager à mener de front vie familiale et vie professionnelle que le gouvernement a initié un programme de développement de crèche et institué en 2007 un "salaire parental" qui permet à la mère –ou au père– d’un enfant de s’arrêter de travailler pendant 14 mois après sa naissance tout en percevant une somme pouvant aller jusqu’à 1 800 euros par mois.

De quoi mettre à mal le fameux 3 K "Kinder, Kirche, Küche" (enfant, cuisine, église), fondateur d’une certaine identité conservatrice allemande que nombre d’Autrichiennes semblent reprendre aujourd’hui à leur compte…




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