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Malte autorise (enfin) le divorce

vendredi, 27 mai, 2011 - 17:03

Plus aucun pays européens n'interdit le divorce. En mai dernier, les habitants de Malte avaient approuvé à une large majorité le principe d'une autorisation du divorce. Les députés maltais viennent de voter la loi, qui entrera en vigueur en octobre 2011.

A l'occasion du referendum consultatif organisé le 28 mai, les électeurs maltais ont adopté (à 53,2%) une proposition prévoyant le divorce après quatre ans de séparation légale.

Le Premier ministre maltais Lawrence Gonzi, qui avait fait campagne contre la légalisation du divorce, avait alors reconnu sa défaite: "Ce n'est pas le résultat que je souhaitais, mais la volonté du peuple doit être respectée". Et d'ajouter que "le Parlement doit préparer une loi" spécifique autorisant le divorce.

C'est chose faite. Les députés maltais ont approuvé lundi la loi permettant à leurs concitoyens de divorcer. L'île de Malte était le dernier pays de l'Union européenne à ne pas disposer d'une législation sur le divorce.

Jusqu'à présent, les Maltais pouvait divorcer uniquement à l'étranger. Ces 30 dernières années, 785 couples avaient divorcé de cette manière, passant de sept en 1981 à 47 en 2010.

La loi entrera en vigueur en octobre prochain après la signature du président maltais.

(De nos archives) Malte partage avec les Philippines une spécificité mondiale. Jusqu’à présent, seule la mort peut séparer les couples. Samedi soir, il en sera peut-être autrement si une majorité des 316 000 habitants appelés aux urnes vote en faveur de la très controversée légalisation du divorce.

Si le "oui" l’emporte, les couples pourront officiellement divorcer quatre ans après leur séparation. A condition toutefois qu’une loi votée par le parlement confirme les conclusions du référendum. Opposé à la légalisation du divorce, le gouvernement chrétien-démocrate s’est résolu à organiser un référendum sur le sujet, sous la pression des partis travailliste et nationaliste qui mènent l’offensive depuis l’été dernier.

L'Eglise mobilise pour le "non"

Les deux camps se livrent une guerre sans relâche pour emporter la décision. Les enjeux sont de taille : autour de la légalisation du divorce, ont été lancés de nombreux débats portant sur le modèle de société souhaité par les citoyens de cette île de la Méditerranée.

Pour les pro-divorce, la légalisation constituerait une première étape vers la modernisation des institutions du pays, désormais membre de l’union européenne. Si le "non" l’emporte, les espoirs d’un alignement sur les autres pays risqueraient d’être enterrés pour de nombreuses années.

Les adversaires brandissent, pour leur part, la menace qu’un accroissement du nombre de divorces sape les fondements mêmes de l’Etat maltais, où la famille et le catholicisme jouent un rôle central. Une position portée notamment par l’Eglise catholique, reconnue par la Constitution comme religion d’Etat.

Elle a mené une campagne intensive auprès des fidèles, rappelant à ceux tentés de se prononcer en faveur du droit de divorcer qu’ils devraient encourir la colère de Dieu et porter le poids de leur faute.

Divorce à l'italienne

Le parti chrétien-démocrate au pouvoir n’est pas très loin de cette position. Même si dans la pratique, l’Etat a su faire preuve d’un certain pragmatisme depuis l’adhésion à l’Europe. Entre 2007 et 2009, une centaine de Maltais ont ainsi profité de la liberté de circulation entre les pays membres pour aller divorcer dans un autre Etat de l’union européenne, Italie en tête.

Si ces divorces n’ont pas été remis en cause par les autorités, la procédure reste toutefois coûteuse car elle nécessite plusieurs séjours à l’étranger. Les élites divorcent donc. Les moins fortunés doivent cohabiter.

Article actualisé le 25 juillet 2011.


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