Connexion

Syndicate content

La Turquie veut de nouveau forcer le blocus de Gaza

lundi, 30 mai, 2011 - 16:06

Une deuxième flottille humanitaire internationale bientôt en route pour Gaza. Le bateau pris à l'abordage il y a un an par l'armée israélienne est en cours de restauration à Istanbul. Dans un mois, il va tenter de nouveau, avec d'autres embarcations, de briser le blocus de Gaza.

"Aujourd’hui est un jour très émouvant et même sacré pour nous". Huseyin Oruc était particulièrement solennel hier à bord du "Mavi Marmara", en cours de restauration dans un chantier naval de la corne d’Or à Istanbul. C’est ce bateau que l’armée israélienne a attaqué, le 31 mai 2010 au matin, lors d'un assaut sanglant qui a fait 50 blessés et 9 morts dont un américain et 8 citoyens turcs. Un an après les faits, l’un des passagers se trouve encore dans le coma.

Lors de cette attaque menée en eaux internationales, le Mavi Marmara transportait 600 militants pro palestiniens et se dirigeait vers la bande de Gaza dans le but de briser le blocus imposé depuis juin 2007 par Israël de l'enclave palestinienne. L’action humanitaire de cette flottille internationale a donc tourné court et mal, la totalité des participants se voyant emprisonnés puis expulsés d’Israël.

Nous n’avons pas oublié et n’oublierons jamais. Dans un mois, nous serons encore plus nombreux pour défier le blocus”

promet Huseyin Oruc, représentant de l’association humanitaire turque IHH (Humanitarian Relief Foundation) juste avant de respecter une minute de silence en mémoire des victimes.

Médicaments et fournitures scolaires

Fin juin, une deuxième flottille internationale composée de 15 bateaux et 1500 passagers d’une centaine de nationalités différentes, mettra en effet de nouveau le cap vers Gaza, avec à son bord des médicaments, des matériaux de construction et fournitures scolaires.

“Bien sur, la peur est là” avoue Fatima el Mourabiti, représentante de la délégation belge, Belgium to Gaza. “L’an dernier nous étions dans un état d’esprit humanitaire et malgré cela nous nous sommes faits attaqués” explique cette militante aux yeux verts, étudiante à l’université libre de Bruxelles.

Aujourd’hui je me retrouve sur le Mavi Marmara où j’ai vu des gens mourir, du sang partout, des gens criblés de balles et je me demande: mais pourquoi ? Il y a encore beaucoup d’interrogations”.

Brouille diplomatique persistante

Un an après l’attaque de ce bateau turc, la crise diplomatique entre Ankara et Tel Aviv, pourtant deux alliés stratégiques régionaux, n’est toujours pas réglée. L’ambassadeur turc rappelé d’urgence à Ankara n’a pas réintégré ses fonctions faute d’excuses officielles et de compensations financières de la part d’Israël.

A l’époque, le président turc Abdullah Gul avait même estimé que "rien ne serait plus jamais comme avant" avec Tel Aviv. Dans les faits, les chances d’une réconciliation sur le court terme restent en effet improbables vu l’hostilité que se vouent les actuels dirigeants turcs et le chef de la diplomatie israélienne Avigdor Lieberman.

Au niveau international, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a sévèrement critiqué l’an dernier l’action de l’armée israélienne dans cette attaque et qualifié le blocus d’illégal. En revanche, l’enquête diligentée par le gouvernement israélien a blanchi les soldats de Tsahal. Reste l’enquête internationale ouverte à la demande du secrétaire général de l’ONU mais qui n’a toujours pas abouti.

Une "provocation" pour Israël

Un an après l’assaut du Mavi Marmara, les militants pro-palestiniens qui ont vécu le drame se veulent optimistes.

Depuis l’envoi de la première flottille, les choses se sont améliorées sur plusieurs points pour la population gazaouie"

constate Vangelis Pisias, de la délégation grecque.

De nombreux biens sont désormais autorisés. Mais ce n’est pas suffisant. Nous ne demandons pas des améliorations, mais tout simplement la liberté pour Gaza et la Palestine".

Quant aux autorités israéliennes, elles ont d'ors et déjà annoncé leur opposition à l’arrivée d’une deuxième flottille qu’elles qualifient de nouvelle "provocation".




Pays