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Gaz de schiste: un forage à l’origine d’un tremblement de terre?

vendredi, 3 juin, 2011 - 11:17

Le premier site britannique de forage de gaz de schiste a été fermé à la suite de deux tremblements de terre. Alors que des analyses sont en cours pour déterminer les dangers encourus, les lobbies s'affrontent de plus belle.

Le forage du premier site britannique de gaz de schiste a été suspendu cette semaine en raison de l’enregistrement de deux tremblements de terre au cours des mois de mai et avril derniers. Brian Baptie, responsable de la sismologie au Centre d’étude géologique britannique, explique:

Notre analyse place l’épicentre du tremblement de terre du 27 mai [de magnitude 1,5, Ndlr] dans les  2 kilomètres autour du site de Preese Hall. Les données des deux instruments temporaires proches du site, installés après le tremblement de terre [de magnitude de 2,3] du 1er avril, montrent des formes très comparables, ce qui suggère que les deux événements partagent une position et un mécanisme similaires. Leur timing, en conjonction avec le 'Fracking' actuel sur le site, suggère qu’ils pourraient être liés.

Le 'Fracking' [fracturation hydraulique, en français] est une méthode de forage par injection d’eau pressurisée mélangée à des produits chimiques pour percer les rochers et relâcher le gaz contenu sous terre.

Manne financière

La société britannique Cuadrilla, responsable du forage, a assuré via son porte-parole "qu’il était entièrement de [leur] décision de suspendre les opérations. Nous avons suspendu le forage en raison de l’incident enregistré par le Centre d’étude géologique britannique, confirmé par notre propre équipement de surveillance. Nous rédigeons actuellement tous ensemble un rapport sur la question".

L’activité autour du gaz de schiste est très récente au Royaume-Uni. La société Cuadrilla a entamé le forage en août dernier près de Blackpool, où se situent les deux seuls sites actuellement en activité dans le pays. Selon la société géologique britannique, les ressources nationales répertoriées s’élèvent à 150 millions de mètres cube, soit une année et demi d’usage de gaz naturel. Elles sont évaluées à 28 milliards de livres sterling (31 milliards d’euros).

Extraction sans risque ?

Pour le parlementaire conservateur Tim Yeo, directeur du Comité sur le changement climatique et l’énergie,

les réserves offshore pourraient être bien plus grandes et, bien que plus coûteuses à récupérer, [elles] pourraient potentiellement apporter au Royaume-Uni une autosuffisance en gaz dans le futur".

Auteur d’un rapport rendu public le 23 mai, il a conclu:

Notre enquête n’a pas trouvé de preuve pour soutenir la principale crainte : que les réserves aquatiques britanniques seraient en danger. Il semble n’y avoir rien de dangereux dans le procédé même du 'Fracking' et tant que l’intégrité du puit est maintenue, l’extraction du gaz de schiste devrait être sans danger. 

Sa conclusion a évidemment rassuré l’entreprise Cuadrilla et déçu les environnementalistes.

Le Centre d’étude géologique britannique s’est montré beaucoup plus prudent lors de l’annonce de la suspension du site de Blackpool. 

Il est bien connu que le procédé d’injection d’eau ou d’autres fluides pendant l’extraction de pétrole ou de l’ingénierie géothermique, comme le gaz de schiste, peut résulter dans une activité sismique. Généralement, les tremblements de terre sont trop petits pour être ressenti ; néanmoins, il y plusieurs exemples de tremblements de terre plus importants ayant eu lieu.




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