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Grève générale: les Anglais à leur tour…

mercredi, 15 juin, 2011 - 16:34

Au moins 790 000 fonctionnaires ont déjà voté la grève le 30 juin prochain. Les enseignants, qui contestent la réforme des retraites et la faiblesse de leur salaire, sont en première ligne. Le pays s'apprête à un mouvement sans précédent depuis plusieurs années.

Le Royaume-Uni se prépare lentement mais sûrement à une grève générale. Mercredi, le Syndicat des services publics et commerciaux (PCS), le cinquième plus important du pays, a annoncé le vote d’une journée de grève le 30 juin par ses 290 000 membres, qui comprennent des employés de la police, des douanes, de la sécurité sociale, des impôts… Mardi, deux autres syndicats avaient annoncé un mouvement similaire.

Historique

Le Syndicat national des professeurs (220 000 affiliés) et les Associations des professeurs et enseignants (ATL, 160 000 membres) s’opposent également aux réformes du système de retraite décidées par le gouvernement.

Depuis toujours, les fonctionnaires reçoivent des retraites plus avantageuses pour compenser les salaires relativement bas. Ce que veut mettre en place le gouvernement est un véritable vol",

explique Mark Serwotka, secrétaire général du PCS.

Du côté de de l’ATL, la secrétaire générale Mary Bousted, assure que cette annonce et "un tir de semonce" et que "lorsque le syndicat le moins militant de l’éducation et les professeurs qui travaillent dans les écoles privées votent la grève, le gouvernement aurait tort de l’ignorer".

Aucun compromis possible

Le ministre en charge des relations avec le gouvernement estime que les travailleurs devraient "contribuer un peu plus" pour leur retraite pour créer un équilibre avec les employés du secteur privé.

Je suis confiant que plus de progrès pourront être réalisé lors des discussions avec les syndicats et il serait donc une grosse erreur que les gens se lancent dans un mouvement de grève alors que les discussions se poursuivent".

Mark Serwotka semble peu convaincu : "Les responsables gouvernementaux nous ont déjà dit lors des réunions qu’il n’y aurait pas de compromis… Les discussions ne sont donc qu’une grosse blague". En plus de la hausse prévue de 3% des contributions, il assure que le gouvernement veut que ses employés travaillent huit années de plus pour une réduction substantielle de leur retraite. 

Résignés

Le gouvernement et les médias conservateurs jouent évidemment sur la mauvaise image de la grève et de ses conséquences auprès du public. Les pannes d’électricité des années 1970, provoquées par les mouvements des fonctionnaires du secteur énergétique, sont ancrées dans les mémoires. Mais comme l’explique Sally Hunt, la secrétaire générale du Syndicat des Universités et des lycées, dont les 120 000 membres ont déjà voté pour la grève du 30 juin:

les éducateurs n’aiment pas mener des grèves. Notre vocation est de changer les vies et de transformer les chances de la vie et nous sommes de très improbables militants".

Même idée chez Russell Hobby, le secrétaire général de l’Association nationale des professeurs, qui va bientôt organiser un vote sur la question.

Personne ne veut la grève mais lorsque les propositions mises en avant vont non seulement toucher les gens en poste mais aussi provoquer une baisse du niveau de l’enseignement, ceux d’entre nous qui se sentent passionnés par le futur de l’éducation ne peuvent pas attendre les bras croisés à ne rien faire".

Le 27 juin, une dernière réunion se tiendra entre le gouvernement et le Congrès des syndicats, qui rassemble des dizaines de syndicats dont Unison, la plus importante confédération syndicale du secteur public. Personne ne semble pourtant croire en un déblocage de la situation. 




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