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Energie maritime: l’Italie surfe sur la vague du renouvelable

vendredi, 1 juillet, 2011 - 08:05

Après le spectaculaire non au nucléaire des Italiens lors du référendum des 12 et 13 juin derniers, l’Italie cherche un nouvelle voie pour la production électrique. Forte de sa position de péninsule, elle envisage de plus en plus sérieusement la puissance de la mer comme prochaine source d’énergie propre. 

Berlusconi a joué gros, et il a perdu. Les Italiens se sont prononcés contre la reprise du nucléaire lors du référendum des 12 et 13 juin derniers. Depuis, les actions des entreprises en énergies renouvelables, comme Enea Green, sont montées en flèche et les entreprises publiques s’intéressent de plus en plus près à la recherche dans ce domaine.

La puissance des vagues

Après le vent et le soleil, c’est à la mer à qui l’on pense désormais pour créer de la puissance électrique.

Selon certaines estimations, en installant des dispositifs sur 533 kms de structures côtières déjà existantes, comme les ports et le digues, on pourrait obtenir la même énergie que celle produite par une centrale nucléaire"

ont exposé les experts réunis le 17 juin à Rome pour une table ronde organisée par l’Enea, l’agence électrique italienne, sur les "Prospectives de développement de l’énergie électrique en Italie".

Le plus important, estiment ces experts, est de miser sur la recherche. Marco Marcelli, de l’Université de Tuscia rappelle:

La mer a un potentiel énorme que nous ne savons par encore très bien utiliser. Si l'on pense seulement au courant Levantin qui parcourt la Méditerranée, il s’agit de milliards de tonnes d’eau qui se déplacent et que nous pourrons utiliser pour produire de l’énergie".

8 000 kms de côtes italiennes

L’Enea a déjà lancé, dans ce sens, une recherche cartographique sur les meilleurs zones à exploiter dans la Mare Nostrum. Pour la botte italienne qui baigne de fait dans la Méditerranée, la puissance des courants marins pourrait représenter une vraie solution : si l'on prend en compte que les côtes italiennes s’étendent sur plus de 8 000 kilomètres, le potentiel d’énergie électrique serait équivalent à la puissance produite par environ 6 centrales nucléaires. Et avec seulement les courants marins qui traversent le détroit de Messina, on pourrait déjà produire pour les besoins d’une ville d’environ 2 millions d’habitants.

Environnement contre écosystème

En tant qu’océanologue, le professeur Marcelli souligne cependant les limites d’une telle entreprise : il reste nécessaire de sauvegarder l’écosystème des côtes. Dans cet optique, il faut revoir le vieux "Plan national de défense de la mer et des côtes" de 1982.

Il faudrait passer à des vérifications le plus tôt possible, étant donné les résultats du référendum sur le nucléaire et la nécessité de produire un mix énergétique qui, outre le soleil et le vent, puisse contenir aussi la force de la mer. Mais, bien entendu, dans le respect de l’environnement".

Un tel plan couterait, toujours selon l’océanologue "moins d’un million d’euros. Si l'on y ajoute les bouées pour les mesures expérimentales, les coûts ne devraient pas dépasser les 4 à 5 millions d’euros, et ce, pour faire un pas de géant dans la recherche énergétique".

Prospectives mondiales

Au niveau mondial, une première estimation du potentiel marin a déjà été calculée : selon l’IEA (International Energy Agency) il y aurait entre 20 000 et 90 000 térawatts de production électrique possible. Certains projets ont été déjà lancés et pourraient générer un chiffre d’affaires de près de 1,2 milliards de dollars dans les cinq prochaines années. De quoi motiver les plus réticents à se convertir à aux énergies vertes…




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