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Miracle, un nouveau succés diplomatique dans les Balkans!

mercredi, 6 juillet, 2011 - 08:52

Après avoir fait pression sur la Serbie pour obtenir l’arrestation de Radko Mladic, l'UE vient de nouveau de marquer des points dans les Balkans. Belgrade et Pristina ont signé les premiers accords depuis la proclamation d'indépendance du Kosovo, en 2008. Historique après 12 ans de tensions.

Lundi 4 juillet, Belgrade avait un air de fête: Novak Djokovic, le vainqueur du tournoi de Wimbledon et nouveau numéro un mondial du tennis paradait son trophée à la main sous les yeux de quelques 100 000 badauds dans un climat de quasi-hystérie.

Au même moment, Radko Mladic, l’ex-chef militaire des Serbes de Bosnie était évacué de la salle d’audience du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, après avoir coupé la parole du président de la chambre, le Néerlandais Alphons Orie, qui énumérait la liste des charges pesant sur l’accusé.

"En voyant Mladic s'emporter contre les juges, explique un membre du bureau du procureur, j'ai eu l'impression de voir les images vidéo de l'époque, lorsqu'il tançait Tom Karremans." Tom Karrremans était, il y a 16 ans, le commandant du bataillon néerlandais déployé à Srebrenica par les Nations unies, pour protéger l'enclave où 8 000 musulmans de Bosnie ont finalement été exécutés en juillet 1995.

Dégel des relations avec le Kosovo

Etrange télescopage entre le monde d’aujourd’hui et celui d’hier. Plus encline à célébrer ses nouveaux porte-drapeaux qu’à s’interroger sur son sinistre passé, et soucieuse de retrouver sa place dans le concert des nations européennes, la Serbie n’en finit pas d’ailleurs de vouloir tourner la page.

Sous l’égide de l’Union européenne, le pays a conclu le week-end dernier trois accords avec le Kosovo, son ennemi juré depuis sa déclaration d'indépendance il y a trois ans. Leur signature intervient alors que les négociations entre les deux parties ont repris en mars dernier sous les auspices de l'UE. Objectif: faciliter la mobilité des populations. Les Kosovars pourront ainsi circuler en Serbie, munis d’une carte d’identité.

Pour le chef de la délégation de Pristina, Edita Tahiri, il s’agit d’"un premier pas" vers la reconnaissance du Kosovo par la Serbie. Un optimisme fortement nuancé par les autorités serbes et hué par l’opposition au gouvernement de Belgrade.

"Le gouvernement a de facto reconnu l’indépendance du Kosovo",

s’est emporté le président du parti nationaliste d’opposition et ex-premier ministre Vojislav Koštunica.

Bruxelles tape sur la table

Pour les observateurs, ces critiques ne doivent pas cacher la signification de ce moment jugé historique. Cité par Le courrier des Balkans, Predrag Simić, professeur à la Faculté de sciences politiques de Belgrade, estime que ces accords placent les deux parties "en bonne position" dans le processus d’intégration européenne. Le Secrétaire d’État au Kosovo, Oliver Ivanović, souligne pour sa part que "tout accord entre la Serbie et le Kosovo est une bonne chose, car il n’y a pas eu d’accords depuis 30 ans."

La glace est brisée. Bruxelles a clairement indiqué à Belgrade que la reconnaissance du Kosovo n’était certes pas une condition pour obtenir le statut de candidat à l’intégration. Mais sans la volonté affichée de la Serbie d’établir des relations de bon voisinage avec Pristina, les négociations n’avaient pas beaucoup de chance d’aboutir,

se félicite le quotidien autrichien Die Presse.

Pour la deuxième fois en quelques mois, preuve est ainsi apportée que quand Bruxelles frappe du poing sur la table, l’Union européenne peut être entendue…


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