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News Of The World: Murdoch ferme pour sauver son empire

jeudi, 7 juillet, 2011 - 16:44

Le tabloïd News Of The Word, tiré à 2,8 millions d'exemplaires, met la clé sous la porte. Face au scandale sans précédent des écoutes téléphoniques tous azimuts, le magnat de la presse Ruport Murdoch tente ainsi de sauver son empire.

Ayant consulté mes expérimentés collègues, j’ai décidé que nous devons prendre une action supplémentaire et décisive par respect pour le journal. Ce dimanche sera la dernière édition de News Of The World.

James Murdoch, le président de News International, a annoncé jeudi soir à une rédaction sous le choc la fermeture de l’hebdomadaire fondé en 1843 et vendu chaque dimanche à 2,6 millions d’exemplaires. Les remous provoqués par le scandale des écoutes téléphoniques illégales étaient en effet devenues incontrôlables et menaçaient l’édifice Murdoch tout entier.

Les mondes médiatique mais aussi politique, économique et policier britanniques tremblaient depuis lundi au gré des révélations. Dans la nuit de mercredi à jeudi, la police a dévoilé que les mobiles de plusieurs familles de soldats tués en Irak et en Afghanistan avaient été piraté.

Un nouvel outrage qui prouve la généralisation de ces pratiques par les journalistes et les détectives privés employés par le journal, alors que seuls des personnalités du showbiz et de la politique étaient jusqu’à présent concernées.

Les révélations ne s’arrêtent plus

Mardi et mercredi, on apparenais que des journalistes de l'heddomadaire dominical et de leurs détectives privés ont eu accès, pendant 10 ans au moins, aux messageries téléphoniques de victimes de meurtres et d’attentats.

News of the World avait notamment piraté la boîte vocale de Milly Dowler, une adolescente enlevée et assassinée en 2002. Les sbires à la solde du journal, qui avaient écouté les messages laissés par sa famille inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles, ont été jusqu'à supprimer ceux jugés sans intérêt pour éviter que le répondeur ne soit saturé.

Autre information majeure: selon The Evening Standard, une poignée de policiers a reçu "des versements supérieurs à 100.000 livres sterling (130.000 euros) de la part de journalistes expérimentés et de hauts responsables du journal".

L'empire Murdoch menacé

Ces scandales avaient mis en péril le journal lui-même. Trente-trois entreprises avaient depuis mercredi annoncé le gel de leur campagne publicitaire. Le retrait de Procter & Gamble (le premier annonceur du pays) ou Vodafone hier, O2, Asda ou Boots, qui figurent tous parmi les dix premiers annonceurs du journal, aurait entraîné un manque à gagner annuel d’au moins 8 millions de livres sterling.

Au delà de l’hebdomadaire, le groupe News International dans son ensemble se retrouvait dans l’expectative. Depuis mercredi, tous les opposants à l’acquisition par l’Australien Rupert Murdoch des 60,9% de la chaîne de télévision BSkyB qu’il ne détient pas encore se sont en effet réveillés.

Le ministre en charge du dossier, qui devait rendre éminemment sa position, a reçu ces derniers jours plus de 135.000 lettres de citoyens s’y opposant. Leur motivation : comment accorder un tel pouvoir télévisuel à un groupe médiatique aux agissements inqualifiables et à l’éthique inexistante ?

Preuve de la perte de crédit de l’empire Murdoch, de nombreux hommes politiques ont ouvertement critiqué ces derniers jours le comportement et la personne même de Rupert Murdoch, sans sembler craindre le moindre retour de bâton. Jusqu’à présent, les remarques de ce type provoquaient une levée de bouclier du Sun et de News Of The World et le lâchage médiatique des profanateurs.

Cameron, victime collaterale?

Enfin, derrière cette affaire, le Premier Ministre David Cameron s’était retrouvé en première ligne. Perçu, à tort ou à raison, comme un proche de la famille Murdoch et il avait expliqué mercredi lors des traditionnelles questions au Parlement ne pas voir pas pourquoi « remettre en cause la décision » passée.

Il était pourtant d’autant plus impliqué qu’à son arrivée au pouvoir en mai 2010, il avait pris comme chef de sa communication Andrew Coulson, responsable de News Of The World entre 2003 et 2007, c’est-à-dire lors de ces années les plus troubles. Ce dernier a d’ailleurs dû démissionner à la fin de l’année 2010 lorsque sa possible implication s’est fait de plus en plus crédible. Il pourrait bien désormais se retrouver rapidement devant la justice.


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