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Le scandale des écoutes fait vaciller Cameron

lundi, 18 juillet, 2011 - 16:33

Le Premier ministre britannique est pris dans la nasse du scandale des écoutes téléphoniques par la presse de Rupert Murdoch. Sa capacité de discernement et sa légitimité sont sapées du fait du soutien inconditionnel du magnat des médias lors de son élection. Cameron s'expliquera mercredi devant les députés.

David Cameron a raccourci son voyage en Afrique du Sud. Il a également repoussé d’une journée le début des vacances des parlementaires afin de pouvoir s’exprimer devant eux mercredi. Aujourd'hui, c'était au tour du magnat des médias Rupert Murdoch et son fils James d'être auditionné par le comité de la chambre des communes.

Preuve de son malaise, son porte-parole avait tout d’abord précisé que les parlementaires ne pourraient pas le questionner. Avant d’accepter un débat face à la montée de vives critiques depuis les rangs de l’opposition.

Démissions à Scotland Yard

La démission des deux plus hauts responsables de Scotland Yard (la police anglaise), celle de Paul Stephenson ce week-end et celle de son adjoint John Yates hier, a pénalisé encore un peu plus le chef du gouvernement. Comme l’a résumé le leader travailliste Ed Miliband:

Il est par ailleurs très inquiétant que le responsable de la police nationale n’ait pas pu discuter avec le Premier Ministre de questions vitales car il sentait que David Cameron était lui-même compromis sur cette question à cause d’Andrew Coulson.

Ce dernier, démissionnaire de la direction de la rédaction de News Of The World en 2007, avait été nommé dans la foulée conseiller en communication du parti conservateur et de son leader, David Cameron.

A la dérive

David Cameron doit se rendre à l'évidence: le scandale des écoutes illégales du groupe News International est en passe de faire sombrer son navire gouvernemental.

L’an dernier, sa proximité avec la famille Murdoch a sans doute facilité son élection grâce à son soutien sans faille qu’elle lui a accordé à travers ses journaux (The Sun, The Times, The Sunday Times et feu News Of The World), dont les ventes quotidiennes dépassaient les 3 millions jusqu’à la fermeture de l’hebdomadaire la semaine dernière.

Aujourd’hui, les photos et témoignages de ses dîners, de ses rencontres et même de ses escapades à cheval avec l’ancienne directrice du groupe de médias britanniques Rebekah Brooks, incarcérée dimanche, et de James Murdoch, le président du groupe, mettent en cause son indépendance.

Une légitimité en miette

Son choix de nommer Andrew Coulson à ses côtés met également en question sa capacité de discernement. Comment un candidat au poste de Premier Ministre a-t-il pu prendre dans son équipe rapprochée un homme suspecté de malversations et sur lequel planait la possibilité d’une enquête judiciaire?

Pourquoi, une fois devenu Premier Ministre, a-t-il pris le risque de le maintenir à son poste? Même si David Cameron a assuré au Parlement que:

La décision de l’embaucher était mienne et seulement la mienne et j’en accepte l’entière responsabilité.

les Britanniques ne l’ont pas vraiment absout et l’arrestation d’Andrew Coulson a fini de semer le doute.

Sa légitimité, gagnée au fil des mois avec une politique sociale et économique radicale, mais bien acceptée par une partie de son électorat, est sérieusement sapée et, avec elle, sa capacité d’action future.




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