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Rupert Murdoch, entartable mais pas responsable

mercredi, 20 juillet, 2011 - 10:06

Auditionnés, le magnat de la presse et son fils James ont nié toute connaissance des pratiques illégales de leurs journalistes. Mais Rupert Murdoch ne s’en est pas sorti indemne : l'opinion est toujours contre lui et il a été entarté par un membre du public.

Ce n’est pas une excuse mais News International ne représente que 1% du chiffre d’affaires de l’ensemble de mon groupe…" 

D’entrée de jeu hier, Rupert Murdoch a indiqué la tactique de sa défense face aux questions du comité d’enquête parlementaire sur le scandale des écoutes illégales perpétrées par les journalistes de son groupe britannique. Le fondateur de News Corporation et son fils James, président depuis 2008 de News International, ont voulu se dégager de toutes les décisions prises par leurs subordonnés.

Tout nier en bloc

"Non", Rupert Murdoch ne savait pas que certains de ses journalistes avaient été poursuivis en justice. "Non" il ne savait pas que des virements compensatoires avaient été versés à des victimes de piratage.

Quand un parlementaire s’étonne "que deux dirigeants pas vraiment perçus comme passifs ne soient pas au courant des agissements au sein de leur entreprise" et lui demande "si, en tant que capitaine du navire, il a pensé démissionner", il répond tout aussi sec : "Non. J’ai eu confiance en des gens qui m’ont trahi, c’est à eux de porter les responsabilités".

"Le jour le plus humble de ma vie"

Afin d’attendrir le public et les millions d’acheteurs de ses journaux, Rupert Murdoch a également joué sur la corde sensible. Accusé d’avoir sacrifié le tabloïd afin de sauver son empire britannique, il a clairement précisé:

Nous regrettons la fermeture de News Of The World mais encore plus la violation de la vie d’individus […]. Les journalistes n’avaient aucune excuse, aucune justification pour enfreindre la loi. Je ne crois pas aux écoutes téléphoniques mais je crois dans le journalisme d’investigation. Il a permis d’avoir ici une société plus transparente, meilleure, et même plus selon moi qu’aux Etats-Unis".

Une question de valeur(s)

Désireux de ne pas paraître trop intéressé par l’argent et les profits, pourtant importants, réalisés par le groupe, James Murdoch l'a assuré:

Le lancement d’un hebdomadaire de remplacement de News Of The World n’est pas une priorité actuellement même si j’en ai effectivement discuté avec mon père".

Rupert Murdoch a également clamé toujours suivre ses convictions intimes avant toute décision : "J’ai soutenu Margaret Thatcher puis les gouvernements conservateurs suivants, puis j’ai soutenu les travaillistes dès 1997 même si ce changement m’a coûté 200 000 lecteurs".

Système "politico-médiatico-sondagier"

Ces explications n’ont pas convaincu les Britanniques. Et en particulier l’homme présent dans les rangs du public qui s’est levé après plus de deux heures et demi d’audition pour entarter Rupert Murdoch.

 


Rupert Murdoch attacked
par itnnews

Malgré les cris d’une de ses proches et les coups de Wendi, la femme du magnat américain, qui s’est jeté sur l’agresseur, ce dernier a atteint sa cible au visage et sur sa veste, avant d’être alpagué par le policier présent dans la salle. Dehors, plus d’une cinquantaine de manifestants faisaient connaître depuis l’aube leur mécontentement.

Ils réclament la mise en place de règles strictes pour limiter l’emprise de Rupert Murdoch sur la politique britannique et la démission du Premier Ministre David Cameron, indirectement impliqué dans le scandale pour avoir employé l’ancien directeur de la rédaction de News Of The World Andrew Coulson quatre mois après sa démission de l’hebdomadaire. Cet ancien journaliste a été arrêté par la police il y a dix jours.

Aujourd'hui, c'est au tour de David Cameron de s’exprimer à ce sujet devant le Parlement.


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