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Crise belge: espoir de gouvernement

vendredi, 22 juillet, 2011 - 07:36

Après 404 jours d'impasse, huit partis politiques belges - quatre francophones, quatre néerlandophones - se disent enfin prêts à négocier pour former un gouvernement. Les tractations démarreront mi-août.

L'espoir est, certes, encore fragile, mais, cette fois, bien réel. A la demande du Roi Albert II, le leader socialiste francophone Elio Di Rupio a réussi à convaincre huit des principaux partis de négocier la formation d'un gouvernement.

Alors que les chefs d'Etat et de gouvernement européens négociaient, quant à eux, hier soir pour trouver une solution à la crise grecque, Elio di Rupo entamait, à son tour, des négociations avec sept autres partis politiques pour tenter, enfin, de rétablir le dialogue entre francophones et néerlandophones en vue de former un gouvernement. Depuis plus de 400 jours, la Belgique n'a pas de vrai gouvernement, mais un gouvernement qui gère les affaires courantes.

4+4

Au terme d'une réunion de sept heures qui s'est terminée dans la nuit, Elio Di Rupo, missionné par le roi, a obtenu l'accord de principe, non seulement de trois autres partis francophones, mais ausi de quatre partis flamands pour tenter de sortir de cette impasse ploitico-institutionnelle.

Dans un discours fleuve, hier à l'occasion de la fête nationale, le roi Albert II avait exprimé sa lassitude face à l'interminable crise gouvernementale, se disant "affligé par la plus longue durée, de mémoire d’homme, de formation d’un gouvernement". Contre toute attente, il a été entendu en par les partis non seulement flamands mais aussi wallons.

Crever l'abcès

Mais chi va piano, va sano. La proposition royale d'une "trêve" estivale pour permettre, dans l'immédiat, aux responsables politiques belges de se reposer de leur "grande fatigue"(!) a été prise au pied de la lettre par les intéressés. Les négociations ne commenceront, au mieux, qu'à la mi-août. Inutile donc d'espérer que l'actuel chef du gouvernement "intérimaire" passe la main avant, au mieux, la rentrée. Ce serait même un miracle si un compromis est trouvé d'ici là, notamment sur l'épineux contentieux de "BHV".

Un acronyme pour désigner non pas l'enseigne d'un grand magasin spécialisé, notamment dans le bricolage, mais l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Mais là aussi, Wallons et Flamands doivent impérativement bricoler une solution pour crever l'abcès qui a envenimé les relations entre les deux grandes communautés linguistiques belges.

Points de blocage

Cet arrondissement se situe en territoire flamand. Les citoyens devraient y parler le néerlandais. Mais de nombreux francophones y vivent. De fait, la Constitution belge rend possible à cette minorité de pouvoir voter pour des candidats francophones et d'y être jugés en français. Acquis pour les francophones, situation temporaire amenée à disparaître pour les Flamands.

C'est le principal point de blocage des négociations entre les partis wallons et flamands jusqu'à présent, mais pas le seul. La réforme de l’Etat avec le transfert de compétences aux régions et communautés, la réforme de la loi de financement et l’autonomie fiscale sont autant de problèmes à résoudre. Le chef du gouvernement en affaire courante, Yves Leterme, risque de rester encore un certain temps à son poste.




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