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Moody’s dégrade, Zapatero anticipe

vendredi, 29 juillet, 2011 - 17:31

Le chef du gouvernement espagnol a annoncé la tenue d'élections anticipées fin novembre. Dans le même temps, Moody's met la note de l'Espagne sous surveillance.

Cela ressemble fort à une abdication. Le chef du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, a décidé d'avancer la date des prochaines élections législative au 20 novembre, soit 4 mois avant la date prévue.

Ayant décidé de ne pas se représenter, le candidat de la majorité PSOE (Parti Socialiste et Ouvrier Espagnol) sortante sera Alfredo Pérez Rubalcaba, l'actuel ministre de l'intérieur.

Zapatero a avancé le calendrier électoral pour "apporter de la sérénité en Espagne". Il coupe ainsi court à aux spéculations, certains analystes estimant qu'il allait convoquer les électeurs aux urnes dès le mois de septembre.

Calcul politique osé

La date du 20 novembre a été choisie par Zapatero officiellement pour deux raisons principales :

  • D'ici là le Gouvernement veut conclure le processus des réformes engagé en mai 2010. Le gouvernement fera en sorte que soient approuvées en septembre les derniers textes clé de cette législature, comme la réforme de l’impôt sur les sociétés que Zapatero a annoncé en même temps que les élections anticipées.
  • Ensuite, elle permettra au prochain gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour assumer pleinement ses responsabilités dès le début de l’exercice économique de 2012.

Cette date correspond, en fait, également à un calcul politique pour le moins osé. Le chômage vient de légèrement baisser, passant de 21,3% à 20,9%, le marché du travail étant boosté par la saison estivale et les emplois saisonniers. Zapatero veut pourtant croire que cette baisse marque le début d’un changement de cycle au niveau de l’emploi.

Par ailleurs, le Centre de Recherches Sociologiques a annoncé il y a quelques jours qu'Alfredo Pérez Rubalcaba a réduit de trois points son retard sur son adversaire du Parti Populaire, Mariano Rajoy. Le PP dispose encore toutefois de 7 points d’avance sur le PSOE (43,1% contre 36% des intentions de vote).

Pas de régociation du budget

En avançant les élections à la fin novembre, Zapatero évite également de devoir négocier la loi sur le Budget 2012, qui promet d’être très restrictif compte tenu des objectifs de réduction du déficit public à 3% en 2013. Ce texte pourrait inclure de nouvelles mesures de rigueur impopulaires qui auraient porté préjudice au candidat socialiste.

Enfin, en acceptant d’avancer la date des élections législatives, Zapatero tire la conclusion logique qui s'imposait depuis la déroute électorale de son parti aux dernières élections municipales. Ces dernières, marquées par la protestation sociale des "Indignados" du 15-M, s’étaient soldées par une véritable débâcle socialiste.

Le PP l’avait largement emporté et gouverne désormais la majorité des communautés autonomes du pays. Depuis près d'un an, Mariano Rajoy réclamait inlassablement des élections générales anticipées.

Couper court aux spéculations

Pour la directrice de campagne d'Alfredo Pérez Rublacaba, il s'agit surtout de couper court aux spéculations du PP. D'après elle, l'attitude de Rajoy créé de l'incertitude. Une attitude qu'elle juge peu responsable:

Introduire de l'incertitude politique en situation évidente d'incertitude financière ne va pas dans le sens des intérêts de l'Espagne ni dans ceux de l'Union Européenne".

Il est vrai que dans le même temps la situation se gâte pour la péninsule ibérique. Ce vendredi, l'agence de notation Moody's a mis sous surveillance la note de crédit de l'Espagne. Une note déjà dégradée en 2010 et qui se situe aujourd'hui à Aa2, mais là n'est pas le pire…

Dégradation de la riche Catalogne

Moody's a annoncé dans la foulée la dégradation d'un cran de la note de six communautés autonomes sur les 17 que comptent le royaume. Parmi elles, l'une des plus prospères sur le plan économique : la Catalogne. Les autres communautés autonomes concernées sont : La Castille-la-Manche, Murcie, Valence, l'Andalousie et la Castille-Léon. La dette cumulée de toutes les communautés autonomes s'élèvent à 121 milliards d'euros.

Dans ce sombre contexte,  remonter dans les sondages et gagner les élections de novembre est un vrai défi pour le candidat de la majorité sortante.




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